La valeur économique du jour n’est pas une devise, un indice boursier ou un indicateur de croissance. C’est une idée plus profonde : la solidarité organisée dans l’entreprise.

Le 4 juillet 2026, la Journée internationale des coopératives est célébrée sous le thème « Cooperatives for a peaceful world », selon les Nations Unies. L’objectif est clair : rappeler que les coopératives peuvent contribuer à la justice sociale, à l’inclusion, à la cohésion et à la confiance dans des économies de plus en plus fragmentées. (Nations Unies - DESA⁠)

Derrière cette journée institutionnelle, un chiffre donne toute sa portée au sujet : 280 millions de personnes travaillent directement ou indirectement dans une coopérative, soit environ 10 % de l’emploi mondial. Ce n’est donc pas un modèle périphérique. C’est une infrastructure économique mondiale déjà massive. (International Labour Organization⁠)

La différence fondamentale tient à la gouvernance. Dans une coopérative, le pouvoir ne dépend pas uniquement du capital détenu. Le principe repose sur une logique démocratique : un membre, une voix. Ce fonctionnement change la nature même de l’entreprise. La performance reste nécessaire, mais elle n’est plus pensée uniquement comme une extraction de valeur au profit des détenteurs du capital.

Les coopératives défendent aussi une autre manière de répartir les bénéfices. Elles peuvent limiter la concentration excessive des richesses en redistribuant une partie de la valeur vers les membres, les salariés, les producteurs ou les territoires. Dans une économie marquée par la tension sur les salaires, l’accès au financement et la défiance sociale, ce modèle retrouve une actualité stratégique.

L’autre force du modèle coopératif est son ancrage local. Une coopérative est souvent liée à un territoire, à une filière ou à une communauté professionnelle. Elle peut donc jouer un rôle de stabilisateur économique, notamment dans l’agriculture, l’artisanat, la finance mutualiste, la distribution, les services ou les zones en reconstruction.

Cette dimension explique le lien établi par l’ONU entre coopératives et paix sociale. Une économie plus démocratique, mieux enracinée et plus inclusive peut contribuer à réduire certaines tensions : précarité, isolement économique, dépendance excessive à de grands groupes ou perte de souveraineté locale.

Le modèle coopératif n’est pas nouveau. L’Alliance coopérative internationale rappelle que l’une des premières coopératives recensées serait née en 1761 à Fenwick, en Écosse, lorsque des tisserands ont vendu collectivement de l’avoine à prix réduit pour répondre à la pauvreté locale. (ICA⁠)

Plus de deux siècles plus tard, l’enjeu reste étonnamment moderne : comment construire des entreprises capables de créer de la valeur sans couper le lien avec celles et ceux qui la produisent ?