Une escroquerie au faux client dans le Maine-et-Loire
Selon les informations publiées par Angers Info sur cette escroquerie au faux client, six hommes ont été mis en examen le 1er octobre 2026 pour escroquerie en bande organisée, puis placés en détention provisoire. Les mis en cause restent présumés innocents.
L’entreprise concernée, iZimat, est implantée à Saint-Barthélemy-d’Anjou. À l’été 2025, un interlocuteur se présentant comme le directeur financier de TotalEnergies l’aurait contactée pour commander des bâtiments modulaires.
Les équipements auraient ensuite été livrés en région parisienne, sans être réglés. Le fournisseur avait pourtant fait vérifier l’accès au site par un prestataire. Des documents et une signalétique reprenant l’identité du client supposé contribuaient à rendre l’opération crédible.
Dans le scénario rapporté, le nom de TotalEnergies et l’identité d’un de ses dirigeants sont usurpés pour tromper le fournisseur.Comment fonctionne une arnaque au faux client ?
L’escroquerie au faux client consiste à obtenir des marchandises ou des prestations en faisant croire au vendeur qu’il traite avec un acheteur légitime.
Le fraudeur peut utiliser le nom d’une entreprise connue, l’identité d’un collaborateur, un logo et des documents commerciaux. L’objectif est d’amener le fournisseur à engager ses moyens, puis à livrer, en s’appuyant sur la réputation de l’organisation imitée.
Le risque dépasse donc le service comptable. Les commerciaux, la production, l’administration des ventes et la logistique participent tous à une opération dont l’identité de l’acheteur doit être confirmée.
TotalEnergies indique d’ailleurs, dans une alerte officielle sur les utilisations frauduleuses de son identité publiée en septembre 2024, que de fausses commandes de matériel peuvent être adressées par de supposés collaborateurs chargés des achats. Le groupe appelle notamment à examiner les adresses électroniques, les noms de domaine et les numéros de téléphone utilisés.
Cette alerte générale est antérieure à l’affaire angevine : elle ne constitue pas un communiqué sur l’enquête en cours.
Quelles vérifications effectuer avant de livrer un client ?
Le récit disponible ne permet pas de connaître l’ensemble des contrôles réalisés par l’entreprise victime. Les mesures suivantes constituent des recommandations générales pour sécuriser les commandes professionnelles.
Confirmer la commande par un contact obtenu indépendamment
Le contrôle déterminant consiste à joindre l’organisation supposée acheteuse en utilisant des coordonnées déjà vérifiées ou recherchées sur son site officiel.
Il faut alors faire confirmer :
- l’identité et la fonction de l’interlocuteur ;
- la référence du bon de commande ;
- l’entité juridique qui achète ;
- les quantités et le lieu de livraison ;
- les coordonnées du service chargé de la facturation.
Cette démarche complète les précautions présentées dans notre guide consacré aux arnaques téléphoniques en entreprise.
Vérifier l’entreprise et la personne qui la représente
Un numéro SIREN, une adresse réelle ou un extrait d’immatriculation peuvent confirmer qu’une société existe. Ils ne prouvent pas que la personne qui écrit est autorisée à commander en son nom.
La vérification doit donc porter sur deux niveaux : l’existence de l’acheteur et l’authenticité de la relation commerciale.
De même, un domaine de messagerie visuellement proche du domaine officiel mérite un contrôle précis. Une adresse correcte ne dispense pas de confirmer une opération inhabituelle, notamment si une messagerie a pu être compromise.
Relier le lieu de livraison à la commande
Un site accessible et une personne disponible pour réceptionner du matériel permettent d’organiser une livraison. Il reste à vérifier que le destinataire est bien mandaté par l’acheteur.
| Élément à contrôler | Vérification à effectuer |
|---|---|
| Adresse de livraison | Faire confirmer le site par le service achats authentifié |
| Réceptionnaire | Vérifier son identité et son habilitation auprès de l’acheteur |
| Changement d’adresse | Obtenir une nouvelle validation par un contact connu |
| Transporteur mandaté | Confirmer les instructions et conserver les références du transport |
| Commande importante | Prévoir une validation distincte avant l’expédition |
Une modification tardive du destinataire ou du lieu de livraison doit pouvoir suspendre le départ des marchandises le temps d’une vérification.
Adapter les validations au risque financier
Une commande importante engage parfois des achats, de la fabrication et du transport avant tout encaissement. Son contrôle doit tenir compte de cette exposition.
Selon le secteur et la relation commerciale, l’entreprise peut étudier un acompte, des livraisons échelonnées ou une garantie de paiement adaptée. Ces dispositifs nécessitent des conditions contractuelles claires et ne remplacent pas la vérification de l’acheteur.
Une règle interne utile consiste à exiger, au-delà d’un seuil défini, une validation commerciale et une validation financière avant de lancer la production ou d’autoriser la livraison.
Pourquoi une livraison frauduleuse fragilise la trésorerie
Un fournisseur peut avoir payé ses propres achats, mobilisé ses salariés et réglé un transport alors que la facture client reste impayée.
L’exposition financière commence donc avant la livraison. Elle augmente à mesure que l’entreprise engage des coûts sur la foi d’une commande.
Pour piloter ce risque, il est utile de suivre les montants engagés et non encaissés par client, en incluant les commandes en fabrication. Un chiffre d’affaires attendu ne doit pas masquer une sortie de trésorerie déjà certaine.
Que faire si une commande paraît frauduleuse ?
Dès qu’un doute sérieux apparaît, l’entreprise peut suspendre les prochaines expéditions et contacter l’acheteur supposé par un canal vérifié. Si un transport est en cours, elle doit prévenir rapidement son prestataire pour examiner les possibilités d’interruption.
Il faut également préserver les éléments utiles à l’enquête :
- courriels originaux et pièces jointes ;
- bons de commande, factures et documents contractuels ;
- numéros de téléphone et coordonnées utilisés ;
- instructions de livraison et justificatifs de réception ;
- références permettant d’identifier les marchandises.
La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr sur les faux ordres de virement rappelle, pour les fraudes financières par usurpation d’identité, l’importance de conserver les preuves et de déposer plainte rapidement. Si des fonds ont aussi été envoyés, la banque doit être alertée immédiatement.
L’entreprise peut enfin prévenir son assureur, selon les garanties souscrites, et se faire accompagner pour les démarches de récupération. Ni l’indemnisation ni la restitution du matériel ne sont automatiques.
