Les discussions restent préliminaires et aucune opération n'est encore garantie. Mais elles illustrent l'accélération spectaculaire de la valeur attribuée aux principaux acteurs de l'intelligence artificielle.

OpenAI pourrait atteindre une valorisation de 1 500 milliards de dollars

Selon les informations du New York Times, OpenAI envisagerait une nouvelle levée de fonds sur la base d'une valorisation d'environ 1 500 milliards de dollars.

Des investisseurs auraient initialement approché l'entreprise autour d'une valorisation de 1 200 milliards de dollars. OpenAI estimerait toutefois pouvoir justifier un niveau supérieur, notamment grâce à la progression de ses activités, de ses modèles d'IA et de ses produits professionnels.

Le Financial Times rapporte de son côté des discussions préliminaires autour d'une valorisation d'environ 1 200 milliards de dollars.

Il faut donc distinguer deux éléments : l'existence de discussions autour d'un nouveau financement et le niveau définitif de valorisation, qui reste susceptible d'évoluer.

Une progression spectaculaire en quelques mois

L'échelle financière d'OpenAI a déjà profondément changé en 2026.

En mars, l'entreprise a officiellement annoncé avoir obtenu 122 milliards de dollars de capitaux engagés, pour une valorisation post-money de 852 milliards de dollars.

OpenAI expliquait alors vouloir utiliser cette puissance financière pour développer ses infrastructures de calcul, ses modèles, ChatGPT, ses API et Codex.

Une valorisation de 1 500 milliards représenterait donc une nouvelle augmentation considérable en seulement quelques mois.

Cette évolution montre à quel point la course mondiale à l'intelligence artificielle est devenue également une course au capital.

Pourquoi OpenAI a encore besoin de milliards

Développer les modèles d'intelligence artificielle les plus avancés nécessite des infrastructures gigantesques.

Les besoins concernent notamment :

  • les GPU et accélérateurs dédiés à l'IA ;
  • les centres de données ;
  • l'électricité nécessaire au calcul ;
  • l'entraînement des nouveaux modèles ;
  • l'inférence nécessaire pour servir des centaines de millions d'utilisateurs ;
  • le recrutement de chercheurs et d'ingénieurs ;
  • le développement de produits comme ChatGPT et Codex.

OpenAI résumait elle-même cette équation autour de trois ressources stratégiques : le calcul, la distribution et le capital.

L'entreprise a ainsi noué ou renforcé des partenariats avec plusieurs géants technologiques et financiers afin de sécuriser les infrastructures nécessaires au développement de ses systèmes.

Une valorisation portée par la croissance des revenus

Cette nouvelle valorisation ne reposerait pas uniquement sur les anticipations autour de l'intelligence artificielle.

Selon le New York Times, OpenAI aurait récemment dépassé 40 milliards de dollars de revenus annualisés, soit approximativement le double du niveau enregistré à la fin de l'année précédente.

Cette métrique doit néanmoins être interprétée avec précaution : un revenu annualisé extrapole le rythme d'activité récent sur douze mois et ne correspond pas nécessairement au chiffre d'affaires effectivement réalisé sur un exercice complet.

La progression illustre toutefois la transformation d'OpenAI : autrefois principalement laboratoire de recherche, l'entreprise est désormais au centre d'un vaste écosystème commercial regroupant abonnements ChatGPT, API, solutions professionnelles et outils destinés aux développeurs.

OpenAI prépare aussi l'après-marché privé

Cette éventuelle levée intervient alors que la perspective d'une IPO d'OpenAI reste très surveillée.

Sam Altman a récemment indiqué qu'OpenAI ne prévoyait pas d'introduction en Bourse en 2026. Une cotation pourrait intervenir ultérieurement, tandis que l'entreprise dispose encore de possibilités importantes pour lever des capitaux sur les marchés privés.

Une nouvelle levée permettrait précisément à OpenAI de renforcer son bilan avant une éventuelle IPO et de conserver davantage de latitude sur son calendrier.

Le dossier est d'autant plus stratégique que la compétition avec Anthropic, Google et les autres laboratoires d'IA ne porte désormais plus uniquement sur la performance des modèles.

Elle concerne également l'accès aux capitaux, aux semi-conducteurs, aux infrastructures énergétiques et aux capacités de calcul.

L'IA entre dans l'ère des entreprises à 1 000 milliards de dollars

Le chiffre de 1 500 milliards de dollars dépasse largement le seul cas OpenAI.

Il révèle la nouvelle dimension économique prise par l'intelligence artificielle.

Les entreprises capables de développer des modèles de pointe doivent financer simultanément la recherche, les infrastructures physiques, les puces et le déploiement mondial de leurs services.

Cette intensité capitalistique rapproche progressivement l'économie de l'IA de secteurs historiquement très gourmands en investissements, comme l'énergie, les télécommunications ou l'industrie lourde.

Avec une différence majeure : la vitesse à laquelle les investissements sont engagés.

Pour les entreprises qui adoptent ces technologies, cette concentration des capitaux autour d'une poignée d'acteurs pose également une question stratégique : qui contrôlera demain l'infrastructure technologique utilisée par une partie croissante de l'économie mondiale ?

Une opération encore loin d'être finalisée

À ce stade, il serait prématuré de considérer les 1 500 milliards de dollars comme la nouvelle valorisation officielle d'OpenAI.

Les discussions sont encore à un stade préliminaire et les modalités du financement peuvent évoluer.

Reuters rapporte notamment que les premières discussions évoquées par le Financial Times se situaient autour de 1 200 milliards de dollars et qu'OpenAI n'avait pas commenté ces informations.

La dynamique est néanmoins révélatrice.

Quelques mois seulement après une levée de 122 milliards de dollars, le créateur de ChatGPT pourrait déjà chercher à franchir une nouvelle étape financière. La bataille pour dominer l'intelligence artificielle se joue désormais autant dans les modèles que dans la capacité à mobiliser des dizaines de milliards de dollars.