Une holding n’est donc ni un statut juridique spécifique ni une exonération fiscale. C’est une organisation capitalistique : une société mère détient des titres de sociétés filiales et peut, selon son activité, les contrôler, les financer ou leur fournir des services.
Qu’est-ce qu’une holding ?
Une holding est une société dont l’actif comprend des actions ou des parts sociales d’autres entreprises. La société détenue est appelée filiale lorsque les conditions de contrôle sont réunies. La holding peut posséder 100 % d’une filiale, en détenir la majorité ou conserver une participation minoritaire.
Le mot « holding » décrit la fonction de la société, pas sa forme juridique. Une SASU peut être une holding, comme une SARL ou une société civile, dès lors que son objet et son activité consistent notamment à détenir et gérer des participations.
Exemple simple de groupe
Un entrepreneur détient directement une société opérationnelle. Il crée ensuite une SASU holding à laquelle il apporte les actions de cette société. Après l’opération :
- l’entrepreneur détient les actions de la holding ;
- la holding détient les actions de la société opérationnelle ;
- la société opérationnelle poursuit son activité, facture ses clients et emploie éventuellement ses salariés ;
- la holding peut recevoir des dividendes, investir dans une nouvelle filiale ou financer une acquisition.
Cette interposition modifie la circulation du capital et de la trésorerie. Elle ne transforme pas l’argent professionnel en argent personnel.
Pourquoi créer une holding ?
Une holding peut répondre à cinq objectifs principaux. Le montage devient intéressant lorsqu’au moins l’un d’eux est concret, chiffré et inscrit dans la durée.
1. Réinvestir les bénéfices d’une société
Lorsqu’une société opérationnelle verse directement un dividende à son associé personne physique, celui-ci supporte l’imposition personnelle applicable aux revenus mobiliers.
Pour les revenus de placement perçus en 2026, le prélèvement forfaitaire unique atteint en principe 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux. L’associé peut opter pour le barème progressif, mais cette option est globale et doit être étudiée selon sa situation. Les règles applicables sont détaillées par Service Public dans sa présentation des prélèvements sociaux sur les revenus de placement.
Lorsque le dividende est versé à une holding soumise à l’impôt sur les sociétés et éligible au régime mère-fille, 95 % de son montant peut être exonéré. Seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposable.
La holding dispose ainsi d’une somme plus importante pour :
- financer une nouvelle activité ;
- prendre une participation dans une entreprise ;
- renforcer les fonds propres d’une filiale ;
- rembourser une dette d’acquisition ;
- constituer une réserve de trésorerie professionnelle ;
- investir dans des actifs cohérents avec la stratégie du groupe.
2. Acheter une entreprise avec un effet de levier
Une holding de reprise peut acquérir les titres d’une entreprise en combinant :
- l’apport personnel du repreneur ;
- l’entrée éventuelle d’investisseurs ;
- un emprunt souscrit par la holding ;
- les dividendes futurs versés par la société reprise.
La remontée de dividendes peut contribuer au remboursement de la dette d’acquisition. C’est le principe général d’un montage de reprise avec effet de levier, souvent désigné par le terme LBO.
Le schéma reste risqué : la filiale doit conserver assez de trésorerie pour financer son exploitation, ses investissements et ses salariés. Une dette trop élevée peut fragiliser l’entreprise rachetée. Les charges financières sont par ailleurs soumises à des règles de déductibilité qui doivent être simulées avant l’opération.
Bpifrance présente les grands principes du montage d’une holding de reprise.
Pour approfondir ce cas, consulter également le guide Entreprisma sur la reprise d’une PME et son financement.
3. Organiser et piloter plusieurs sociétés
La holding peut centraliser une partie des décisions et des fonctions support d’un groupe : stratégie, direction financière, ressources humaines, juridique, informatique ou achats.
Cette centralisation peut améliorer le pilotage, mais elle ne permet pas de facturer arbitrairement des frais aux filiales. Les prestations doivent être réelles, utiles, documentées et facturées à un prix cohérent. Les tâches facturées ne doivent pas faire double emploi avec les fonctions déjà assumées par le dirigeant de la filiale.
4. Préparer une transmission
Une holding familiale peut faciliter la répartition du capital, la gouvernance entre héritiers et la transmission progressive d’un groupe. Elle peut notamment s’articuler avec une donation de titres ou, lorsque toutes les conditions sont remplies, un pacte Dutreil.
La holding animatrice occupe une place particulière dans certains régimes de transmission. Sa qualification ne repose pas uniquement sur son objet social : l’animation effective du groupe doit pouvoir être démontrée par des décisions, des moyens, des conventions et des éléments comptables cohérents.
Voir également le guide consacré au pacte Dutreil et à la transmission d’entreprise familiale.
5. Séparer les activités et certains risques
Un groupe peut loger différentes activités dans des filiales distinctes : commerce, immobilier professionnel, propriété intellectuelle ou nouvelle activité risquée. La holding conserve les participations et arbitre les investissements.
Cette séparation peut limiter la propagation de certains risques juridiques ou opérationnels. Elle n’est toutefois pas absolue. Les garanties croisées, cautions personnelles, conventions mal conçues, confusions de patrimoines ou difficultés simultanées peuvent réduire fortement cette protection.
Quand une holding n’est-elle pas utile ?
Créer une holding est rarement prioritaire lorsque :
- l’entrepreneur ne possède qu’une seule petite société ;
- il prévoit de consommer personnellement la majorité des bénéfices ;
- l’entreprise ne dégage pas de trésorerie récurrente à réinvestir ;
- aucun rachat, investissement ou projet de transmission n’est envisagé ;
- le coût annuel de la structure absorbe le bénéfice fiscal ou financier attendu ;
- l’objectif repose uniquement sur une promesse vague de « payer moins d’impôts » ;
- le montage ne possède aucune substance économique réelle.
Il n’existe aucun seuil légal de chiffre d’affaires ou de bénéfice à partir duquel une holding devient rentable. La bonne méthode consiste à comparer, sur trois à cinq ans, les économies et capacités d’investissement attendues avec :
- les frais de création ;
- les honoraires juridiques et comptables ;
- les coûts bancaires ;
- la fiscalité des flux ;
- le temps de gestion ;
- les risques supplémentaires.
Quels sont les avantages et les inconvénients d’une holding ?
| Avantages potentiels | Inconvénients et risques |
|---|---|
| Capacité de réinvestissement renforcée grâce au régime mère-fille | Création et gestion d’une société supplémentaire |
| Organisation du contrôle de plusieurs filiales | Coûts comptables, bancaires, juridiques et fiscaux récurrents |
| Financement d’une acquisition par une structure de reprise | Dépendance au niveau de trésorerie distribuable des filiales |
| Centralisation de fonctions support réellement exercées | Contrôle possible des management fees et de la TVA |
| Préparation de l’entrée d’investisseurs ou d’une transmission | Fiscalité personnelle toujours applicable lors de la sortie de l’argent |
| Séparation juridique de plusieurs activités | Protection imparfaite en présence de cautions ou garanties croisées |
L’intérêt doit être mesuré sur le projet réel du dirigeant. Une holding peut être extrêmement efficace pour réinvestir 100 000 euros par an et inutile pour une société qui ne distribue rien ou dont l’associé consomme immédiatement la trésorerie.
Holding passive, active ou animatrice : quelles différences ?
La nature réelle de l’activité détermine une partie des conséquences fiscales et juridiques.
| Type de holding | Activité principale | Exemple | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Holding passive | Détention et gestion de participations | Perception de dividendes | Droit à déduction de TVA généralement limité |
| Holding active ou mixte | Détention de titres et prestations aux filiales | Direction financière, RH, informatique | Réalité et prix des services facturés |
| Holding animatrice | Participation active à la politique du groupe et au contrôle des filiales | Définition de la stratégie, contrôle, services internes éventuels | Qualification factuelle à documenter dans la durée |
| Holding de reprise | Acquisition et détention d’une société cible | Rachat financé par apport et dette | Capacité de la cible à distribuer sans se fragiliser |
| Holding patrimoniale | Organisation et détention d’actifs ou de participations | Capital familial, investissements | Fiscalité des actifs et nouvelle taxe 2026 pour certaines grandes structures |
Une holding animatrice est une société qui, au-delà de la gestion d’un portefeuille de participations, participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle de ses filiales. Elle peut également fournir, à titre interne, des services administratifs, juridiques, comptables, financiers ou immobiliers.
Inscrire ces activités dans les statuts ne suffit pas. Il faut conserver les preuves de leur réalisation : procès-verbaux, rapports de gestion, tableaux de bord, conventions, factures, moyens humains et décisions stratégiques.
La doctrine fiscale précise les caractéristiques permettant de qualifier une holding d’animatrice.
Quels sont les avantages fiscaux d’une holding ?
La holding ouvre potentiellement accès à plusieurs régimes. Aucun n’est automatique : chaque dispositif possède ses propres conditions.
Le régime mère-fille
Le régime mère-fille évite une double imposition économique presque intégrale des dividendes distribués entre sociétés.
Ses principales conditions comprennent notamment :
- une société mère soumise à l’impôt sur les sociétés ;
- la détention d’au moins 5 % du capital de la filiale ;
- la conservation des titres pendant au moins deux ans, ou l’engagement de respecter cette durée ;
- le respect des autres conditions prévues par les articles 145 et 216 du Code général des impôts.
Lorsque le régime s’applique, les dividendes sont retranchés du résultat imposable de la holding, à l’exception d’une quote-part de frais et charges de 5 %. Au taux normal d’IS de 25 %, cela correspond, dans un cas simple, à une imposition effective de 1,25 % du dividende reçu.
Exemple : 100 000 euros de dividendes
Une filiale distribue 100 000 euros à sa holding :
- montant exonéré : 95 000 euros ;
- quote-part taxable : 5 000 euros ;
- IS théorique à 25 % sur cette quote-part : 1 250 euros ;
- trésorerie restant dans la holding avant autres frais : 98 750 euros.
À l’inverse, un dividende de 100 000 euros versé directement à une personne physique et soumis au PFU 2026 de 31,4 % lui laisse théoriquement 68 600 euros.
Cette comparaison ne signifie pas que la holding procure 30 150 euros de revenu personnel supplémentaire. Les 98 750 euros appartiennent à la holding. S’ils sont ensuite distribués à l’entrepreneur, une nouvelle imposition personnelle intervient. Le régime est puissant pour réinvestir au sein du groupe, pas pour financer directement le train de vie du dirigeant.
Le fonctionnement officiel du régime est détaillé dans le BOFiP consacré aux produits de participation.
L’intégration fiscale
L’intégration fiscale permet à une société mère de déterminer un résultat d’ensemble pour le groupe. Les bénéfices de certaines sociétés peuvent alors être compensés avec les pertes d’autres sociétés intégrées, sous réserve des règles applicables.
Le dispositif exige notamment :
- une détention d’au moins 95 % du capital des filiales intégrées ;
- une détention continue pendant l’exercice ;
- des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés en France ;
- des dates d’ouverture et de clôture d’exercice compatibles ;
- une option de la société mère et l’accord des filiales concernées.
L’intégration fiscale est plus complexe que le seul régime mère-fille. Elle suppose des retraitements, un suivi précis des opérations intragroupe et une convention organisant la répartition de l’impôt.
Les conditions de détention sont exposées dans le BOFiP relatif aux groupes de sociétés.
La cession de titres de participation
Lorsqu’une holding soumise à l’IS cède des titres de participation éligibles détenus depuis au moins deux ans, la plus-value à long terme peut relever d’un taux de 0 %. Une quote-part de frais et charges égale à 12 % du montant brut des plus-values est toutefois réintégrée dans le résultat imposable au taux normal de l’IS.
Au taux d’IS de 25 %, l’imposition théorique correspond donc à 3 % de la plus-value brute dans le cas simple. Cette règle ne concerne pas indistinctement tous les titres ni toutes les sociétés, notamment les structures à prépondérance immobilière.
Le traitement officiel est détaillé dans le BOFiP sur les plus-values de cession de titres de participation.
En amont d’une opération, le guide Entreprisma consacré à la manière de valoriser et vendre une PME en 2026 permet de mieux comprendre les méthodes de valorisation et les facteurs influençant le prix de cession.
L’apport-cession et l’article 150-0 B ter
Un entrepreneur qui apporte les titres de sa société à une holding qu’il contrôle peut, sous conditions, placer la plus-value d’apport en report d’imposition. Ce report ne constitue pas une exonération définitive.
Si la holding cède les titres apportés dans les trois ans suivant l’apport, le maintien du report exige généralement qu’elle réinvestisse au moins 60 % du produit de cession dans des activités ou supports éligibles, dans un délai de deux ans. Des durées de conservation et obligations déclaratives s’appliquent également.
L’apport-cession est un montage technique. Une erreur sur le contrôle, le calendrier, le remploi ou les actifs éligibles peut rendre la plus-value imposable et entraîner des intérêts de retard. Les règles sont présentées dans le BOFiP relatif à l’article 150-0 B ter.
Quelle fiscalité pour sortir l’argent d’une holding ?
L’argent détenu par la holding appartient à la société. Le dirigeant ne peut pas l’utiliser librement pour payer ses dépenses personnelles.
Il peut notamment percevoir :
- une rémunération correspondant à ses fonctions ;
- des dividendes régulièrement décidés après approbation des comptes ;
- le remboursement justifié de frais professionnels ;
- le remboursement d’un compte courant d’associé créditeur ;
- le produit d’une cession de titres, selon les règles applicables.
En 2026, les dividendes versés à une personne physique sont, par défaut, soumis au PFU de 31,4 %, sauf option globale pour le barème progressif.
Le choix entre SAS et SARL peut aussi modifier le traitement social : les dividendes de SAS ne sont pas soumis aux cotisations sociales du dirigeant, tandis que la fraction de dividendes excédant certains seuils peut entrer dans l’assiette sociale d’un gérant majoritaire relevant du régime des indépendants.
Cette décision doit être intégrée à une stratégie plus globale de construction du patrimoine du dirigeant de SAS.
Utiliser le compte bancaire de la holding pour financer des vacances, des achats privés ou le logement personnel du dirigeant peut provoquer une requalification fiscale, sociale ou pénale. Une holding ne constitue pas un portefeuille personnel bénéficiant d’un taux d’imposition réduit.
La nouvelle taxe 2026 sur certaines holdings patrimoniales
La loi de finances pour 2026 a créé une taxe sur certains actifs non professionnels détenus par des sociétés holdings patrimoniales. Elle est due au titre des exercices clos à compter du 31 décembre 2026.
Une société entre dans son champ lorsqu’elle remplit cumulativement plusieurs conditions, notamment :
- une valeur vénale totale des actifs au moins égale à 5 millions d’euros ;
- le contrôle, directement ou indirectement, par une personne physique ou un groupe familial à hauteur d’au moins 50 %, ou l’exercice de fait du pouvoir de décision ;
- des revenus passifs représentant plus de 50 % des produits d’exploitation et financiers de l’exercice.
Le taux prévu par le texte définitif est de 20 %, mais il ne s’applique pas à la valeur totale de la holding. L’assiette vise une liste d’actifs non opérationnels ou à usage privé : certains véhicules, yachts, aéronefs, bijoux, métaux précieux, vins et alcools, chevaux de course, biens affectés à la chasse ou à la pêche et logements dont le détenteur se réserve la jouissance, notamment.
Les actifs réellement affectés à une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale peuvent être exclus dans les conditions prévues par le texte.
Cette taxe ne concerne donc pas la majorité des petites holdings de TPE ou PME. Elle impose néanmoins aux grandes structures patrimoniales de documenter l’usage professionnel des actifs et la composition de leurs revenus. Le dispositif figure à l’article 7 de la loi de finances pour 2026.
Holding SASU, SAS, EURL, SARL ou société civile : que choisir ?
Il n’existe pas de forme universellement supérieure. Le choix dépend du nombre d’associés, de la gouvernance, de la rémunération du dirigeant, de la transmission et de la nature des investissements.
| Forme | Associés | Régime fiscal habituel | Direction | Atout principal | Vigilance principale |
|---|---|---|---|---|---|
| SASU | 1 | IS | Président assimilé salarié s’il est rémunéré | Souplesse et évolution vers plusieurs associés | Statuts à rédiger précisément |
| SAS | 2 ou plus | IS | Président assimilé salarié s’il est rémunéré | Gouvernance adaptable et entrée d’investisseurs | Coût social d’une rémunération |
| EURL | 1 | IR par défaut si associé unique personne physique, option IS possible | Gérant | Cadre juridique balisé | Régime social du gérant et dividendes |
| SARL | 2 à 100 | IS, avec options limitées pour l’IR | Un ou plusieurs gérants | Cadre adapté à certains groupes familiaux | Moins de liberté statutaire |
| Société civile | 2 ou plus | IR par défaut, option IS possible | Un ou plusieurs gérants | Organisation patrimoniale civile | Responsabilité indéfinie et activité commerciale à encadrer |
Pourquoi la SASU est-elle souvent choisie ?
La SASU offre une forte liberté statutaire, permet d’accueillir plus tard de nouveaux associés et facilite l’organisation de différentes catégories d’actions.
Les actions de SAS sont, en principe, soumises à un droit d’enregistrement de 0,1 % lors d’une cession, contre 3 % après abattement proratisé de 23 000 euros pour des parts de SARL ou d’EURL, hors régimes particuliers.
Cette souplesse a un prix : des statuts standardisés peuvent devenir dangereux lorsque plusieurs investisseurs entrent au capital. Les droits de vote, clauses d’agrément, règles de majorité, exclusions et conditions de sortie doivent être construits en fonction du projet.
Pourquoi choisir une SARL ou une EURL ?
La SARL offre un cadre légal plus normé, parfois apprécié dans les groupes familiaux. Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs indépendants, ce qui peut réduire le coût d’une rémunération par rapport à une SAS, mais entraîne des règles sociales différentes.
La part de dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d’émission et du compte courant peut notamment être soumise à cotisations sociales pour un dirigeant non salarié. Le choix ne doit donc jamais reposer uniquement sur le coût de création.
Une société civile peut-elle servir de holding ?
Oui, lorsqu’elle exerce une activité de nature civile et compte au moins deux associés. Elle peut être utilisée pour organiser la détention et la transmission de participations. Elle présente cependant une responsabilité indéfinie des associés et peut basculer à l’IS selon son activité ou sur option.
Une société civile n’est pas une alternative automatique à une SASU. La nature des revenus, les pouvoirs du gérant, les modalités de cession et les objectifs familiaux doivent être analysés avant sa constitution.
Comment créer une holding ?
Une holding peut être créée avant l’entreprise opérationnelle ou être interposée au-dessus d’une société déjà existante.
Option 1 : créer d’abord la holding
L’entrepreneur constitue la holding avec un apport en numéraire. La holding souscrit ensuite au capital de la future société opérationnelle ou achète les titres d’une société existante.
Cette méthode offre une structure claire dès l’origine. Elle convient notamment à un projet prévoyant plusieurs filiales ou une acquisition immédiate.
Option 2 : apporter les titres d’une société existante
L’entrepreneur crée une holding et lui apporte les actions ou parts qu’il détient déjà. En contrepartie, il reçoit des titres de la holding.
L’apport doit être évalué et peut nécessiter l’intervention d’un commissaire aux apports. La plus-value éventuelle suit un régime fiscal spécifique, notamment le report d’imposition de l’article 150-0 B ter lorsque les conditions sont remplies.
Option 3 : vendre ses titres à la holding
La holding achète les titres détenus par l’entrepreneur. Elle doit alors disposer d’un financement, souvent bancaire ou apporté en compte courant. La vente peut rendre immédiatement imposable la plus-value du cédant.
Ce schéma peut dégager des liquidités personnelles, mais il crée une dette dans la holding et fait l’objet d’une attention particulière lorsque vendeur et acquéreur sont contrôlés par la même personne. Le prix, le financement et l’intérêt économique de l’opération doivent être justifiés.
Les étapes pour créer une holding en 2026
Étape 1 : définir l’objectif économique
La première décision n’est pas le choix entre SASU et EURL. Il faut déterminer ce que la holding doit accomplir : réinvestir des dividendes, racheter une société, animer un groupe, accueillir des investisseurs ou préparer une transmission.
Un prévisionnel doit comparer le montage avec une détention directe sur plusieurs années.
Étape 2 : dessiner l’organigramme cible
Il faut identifier :
- les associés de la holding ;
- les pourcentages de détention ;
- les filiales actuelles et futures ;
- les droits de vote ;
- les flux de dividendes ;
- les prestations intragroupe ;
- les emprunts et garanties ;
- les scénarios de sortie ou de transmission.
Étape 3 : choisir la forme juridique et le régime fiscal
Le choix doit intégrer la gouvernance, le statut social du dirigeant, la circulation future des titres et l’éligibilité aux régimes fiscaux recherchés. Une holding destinée à bénéficier du régime mère-fille est généralement soumise à l’IS.
Étape 4 : rédiger les statuts et l’objet social
L’objet doit autoriser la prise et la gestion de participations. Pour une holding active, il doit également prévoir les prestations réellement envisagées : administration, finance, stratégie, informatique ou ressources humaines.
Un objet très large ne remplace pas l’activité effective. À l’inverse, un objet trop étroit peut imposer une modification statutaire au premier investissement non prévu.
Étape 5 : constituer et déposer le capital
Le capital minimal d’une SAS, SASU, SARL ou EURL peut être fixé à un euro. En pratique, un capital symbolique peut nuire à la crédibilité bancaire et ne couvre pas les premières dépenses.
Les apports peuvent être réalisés en numéraire ou en nature. L’apport de titres existants peut nécessiter un commissaire aux apports et une documentation fiscale spécifique.
Étape 6 : publier l’annonce légale
La constitution d’une société exige la publication d’un avis dans un support habilité à recevoir des annonces légales. Le tarif dépend de la forme et du territoire.
En France métropolitaine en 2026, le forfait hors taxes est notamment de :
- 142 euros pour une SASU ;
- 199 euros pour une SAS ;
- 124 euros pour une EURL ;
- 148 euros pour une SARL ;
- 222 euros pour une société civile hors SCI.
Les tarifs officiels sont récapitulés par Service Public Entreprendre.
Étape 7 : immatriculer la société sur le guichet unique
Le dossier est transmis sur le guichet des formalités des entreprises. Il comprend notamment les statuts signés, la preuve de domiciliation, l’attestation de dépôt du capital, l’attestation de publication et les informations relatives au dirigeant.
En 2026, le coût de la formalité d’immatriculation est de 33,83 euros pour une société commerciale et de 60,38 euros pour une société civile. La déclaration des bénéficiaires effectifs coûte 19,33 euros. Ces montants s’ajoutent à l’annonce légale et aux éventuels honoraires.
La procédure complète est présentée sur la fiche officielle Comment créer une société ?.
Étape 8 : réaliser l’acquisition ou l’apport des titres
La simple immatriculation de la holding ne la place pas automatiquement au-dessus de l’entreprise existante. Il faut ensuite réaliser juridiquement l’apport, la souscription ou l’achat des titres et mettre à jour les registres concernés.
Combien coûte la création d’une holding ?
Le coût dépend moins du mot « holding » que de la forme juridique et du montage retenu.
| Poste | Montant ou principe en 2026 |
|---|---|
| Immatriculation d’une société commerciale | 33,83 € |
| Immatriculation d’une société civile | 60,38 € |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 19,33 € |
| Annonce légale SASU en métropole | 142 € HT |
| Annonce légale SAS en métropole | 199 € HT |
| Annonce légale EURL en métropole | 124 € HT |
| Annonce légale SARL en métropole | 148 € HT |
| Annonce légale société civile hors SCI en métropole | 222 € HT |
| Capital social | À partir de 1 € pour SAS/SASU/SARL/EURL, mais montant à calibrer |
| Statuts et conseil | Variable selon la complexité |
| Commissaire aux apports | Variable, lorsqu’il est requis |
| Banque, domiciliation et comptabilité | Coûts récurrents selon les prestataires |
Une holding simple constituée en numéraire supporte essentiellement les frais classiques de création d’une société. L’interposition d’une holding au-dessus d’une entreprise valorisée, un apport-cession ou un LBO peut nécessiter plusieurs professionnels et coûter plusieurs milliers d’euros.
Le coût annuel comprend généralement :
- la tenue comptable ;
- l’établissement de la liasse fiscale ;
- l’approbation et le dépôt des comptes ;
- le compte bancaire ;
- les assurances ou services de domiciliation ;
- les déclarations de TVA lorsque la holding réalise des opérations taxables ;
- le conseil juridique et fiscal ;
- l’éventuel commissariat aux comptes selon la situation du groupe.
Le détail officiel des frais de formalités est disponible sur Service Public Entreprendre.
Comment faire circuler la trésorerie dans un groupe ?
Les dividendes
Une filiale peut distribuer des dividendes après la clôture de l’exercice, l’approbation des comptes et la constatation de sommes distribuables. La holding ne peut pas exiger une remontée de trésorerie si cette distribution met la filiale en difficulté ou ne respecte pas les règles du droit des sociétés.
Les management fees
Une holding active peut facturer des prestations à ses filiales lorsque celles-ci sont :
- réellement exécutées ;
- utiles à la filiale ;
- précisément définies dans une convention ;
- justifiées par des preuves de travail ;
- facturées selon une méthode cohérente et un prix normal ;
- distinctes des fonctions déjà assumées par le mandataire social de la filiale.
Une facture mensuelle intitulée « frais de gestion » sans détail ni contrepartie ne sécurise rien. L’administration peut refuser la déduction chez la filiale, remettre en cause la TVA et qualifier l’opération d’acte anormal de gestion.
La convention de trésorerie
Des opérations de trésorerie peuvent être organisées entre sociétés d’un même groupe lorsque les liens capitalistiques et les conditions légales sont respectés. Une convention doit préciser les sociétés concernées, les plafonds, la rémunération, les durées et les modalités de remboursement.
Une convention n’autorise pas à vider une filiale au profit de la holding. Chaque mouvement doit préserver l’intérêt propre de la société qui avance les fonds.
Consulter également la définition Entreprisma de la convention de trésorerie intragroupe.
La TVA
Une holding purement passive, qui se limite à percevoir des dividendes, n’exerce généralement pas une activité économique ouvrant un droit général à déduction de TVA.
Une holding active facturant des prestations taxables peut récupérer tout ou partie de la TVA sur certaines dépenses, selon leur affectation.
La récupération n’est donc pas acquise par la seule mention de prestations dans les statuts. Elle dépend des opérations effectivement réalisées et de la traçabilité des dépenses.
Trois simulations pour savoir si une holding est pertinente
Cas 1 : réinvestir 100 000 euros de dividendes
Une société opérationnelle dispose de 100 000 euros distribuables après impôt sur les sociétés.
Détention directe :- dividende brut versé à l’entrepreneur : 100 000 euros ;
- PFU théorique 2026 à 31,4 % : 31 400 euros ;
- montant net personnel : 68 600 euros.
- dividende reçu : 100 000 euros ;
- quote-part taxable : 5 000 euros ;
- IS théorique à 25 % : 1 250 euros ;
- montant disponible dans la holding pour investir : 98 750 euros.
La holding dégage ici une capacité de réinvestissement supplémentaire de 30 150 euros. Mais si ces 98 750 euros sont immédiatement distribués à l’entrepreneur, le PFU s’applique à nouveau.
Le montage n’a donc de sens que si la trésorerie reste dans le groupe ou sert un objectif professionnel.
Cas 2 : reprendre une entreprise
Un repreneur souhaite acheter une société valorisée 800 000 euros. Il apporte 250 000 euros à une holding et finance le solde par emprunt.
Le montage peut être cohérent si :
- la société cible produit durablement assez de trésorerie ;
- ses investissements restent financés ;
- les distributions nécessaires au remboursement sont juridiquement possibles ;
- la banque accepte le risque et les garanties ;
- les intérêts restent déductibles dans les limites fiscales ;
- un scénario dégradé a été testé.
Une holding ne rend pas une cible plus rentable. Elle organise le financement d’une rentabilité déjà démontrée.
Cas 3 : une seule société et un besoin de revenu personnel
Un consultant possède une SASU, ne prévoit aucune acquisition et retire chaque année la quasi-totalité de son bénéfice pour vivre.
Créer une seconde SASU holding ajouterait une comptabilité, des formalités et un compte bancaire. La trésorerie finirait malgré tout distribuée à la personne physique. Sauf projet patrimonial ou capitalistique précis, le montage risque de coûter plus qu’il ne rapporte.
Les principales erreurs à éviter
Créer une holding uniquement pour réduire l’impôt
La fiscalité doit accompagner un objectif économique. Un montage artificiel, sans substance ou dont le motif principal contredit l’objet du régime fiscal peut être contesté.
Croire que 95 % des dividendes sont définitivement défiscalisés
L’exonération concerne le flux entre la filiale et la holding. Elle ne rend pas l’argent personnellement disponible sans fiscalité.
Utiliser des statuts génériques
Les modèles standard ne traitent pas toujours les apports de titres, la gouvernance future, les droits des investisseurs ou l’animation du groupe.
Sous-capitaliser la structure
Un capital d’un euro est légal dans plusieurs formes, mais peut être incohérent avec une acquisition, des frais de conseil ou une demande de financement.
Facturer des management fees sans preuves
Les conventions, livrables, temps passés, clés de répartition et compétences mobilisées doivent être documentés.
Confondre holding animatrice et holding active
La fourniture ponctuelle d’une prestation ne démontre pas nécessairement l’animation effective de la politique du groupe.
Faire remonter trop de trésorerie
Une filiale doit conserver les moyens nécessaires à son activité. Sa trésorerie ne constitue pas une réserve automatiquement disponible pour la dette ou les investissements de la holding.
Oublier la fiscalité de sortie
Il faut modéliser dès l’origine la rémunération, les dividendes, la vente du groupe, la transmission et la liquidation éventuelle de la holding.
Loger tous les actifs dans la même société
Regrouper participations, immobilier, trésorerie et actifs personnels peut compliquer le financement, la cession et la maîtrise des risques. Une architecture plus segmentée peut être préférable.
Réaliser seul un apport-cession ou un LBO
Ces opérations combinent droit des sociétés, valorisation, fiscalité et financement. Une erreur peut produire une imposition immédiate ou déséquilibrer durablement le groupe.
Faut-il créer une holding ? La grille de décision
Une holding mérite une étude approfondie si vous répondez oui à plusieurs questions :
- Disposez-vous d’une trésorerie professionnelle récurrente que vous ne souhaitez pas consommer personnellement ?
- Prévoyez-vous d’acheter ou de créer une autre entreprise ?
- Souhaitez-vous accueillir des investisseurs au niveau d’un groupe ?
- Devez-vous organiser plusieurs associés, héritiers ou branches d’activité ?
- Préparez-vous une cession suivie d’un réinvestissement entrepreneurial ?
- Les gains attendus dépassent-ils les coûts de la structure sur plusieurs années ?
- Pouvez-vous documenter un objectif économique et des flux réels ?
Si la réponse est non à presque toutes ces questions, la création d’une holding est probablement prématurée.
Ce qu’il faut retenir
Créer une holding est pertinent lorsqu’elle sert une stratégie durable : réinvestir les bénéfices, financer une acquisition, piloter plusieurs sociétés ou transmettre un groupe. Son avantage majeur réside dans la capacité à conserver davantage de trésorerie dans la sphère professionnelle.
La holding n’est pas une machine à transformer des bénéfices professionnels en revenu personnel défiscalisé. Elle ajoute une société, des obligations, une gouvernance et des risques.
Avant sa création, le montage doit être simulé sur plusieurs années et validé au regard de la situation juridique, fiscale, sociale et patrimoniale du dirigeant.
Pour replacer ces mécanismes dans leur environnement général, consulter également le guide Entreprisma sur la fiscalité des entreprises en France.
Avertissement : cet article fournit une information générale vérifiée au 7 août 2026. La création d’une holding, un apport de titres, un LBO ou une transmission nécessite une analyse personnalisée par un avocat, un expert-comptable ou un notaire selon l’opération.
