Ce que l’on sait sur le vol des 235 carpes koï

Le cambriolage a visé Aquakoï France, entreprise spécialisée dans l’élevage et la vente de carpes koï japonaises et européennes. Elle est installée à Cauffry, entre Clermont et Creil.

Selon Le Parisien, un salarié a découvert à son arrivée qu’un accès à la serre avait été ouvert et que des épuisettes se trouvaient au sol. Le gérant, Yoann Pierdet, a indiqué que l’enceinte avait été forcée et que les poissons avaient été prélevés dans les bassins.

Capturer et déplacer 235 poissons vivants représente une opération longue. Le dirigeant pense donc que plusieurs personnes connaissant les carpes koï ont pu intervenir. Cette appréciation repose sur son analyse des circonstances : elle ne constitue pas une conclusion officielle de l’enquête.

Au 9 août 2026, aucune communication publique identifiée ne fait état de poissons retrouvés ou de suspects interpellés.

Pourquoi le préjudice dépasse-t-il 80 000 euros ?

Une carpe koï n’a pas un prix standard. Sa valeur dépend notamment de sa variété, de son origine, de son âge, de sa taille, de sa morphologie et de la qualité de ses couleurs. Le dessin formé par ses taches est également unique.

L’All Japan Nishikigoi Promotion Association explique qu’une ponte peut produire des dizaines de milliers de jeunes poissons. Après plusieurs sélections, moins de 0,5 % franchissent les premières étapes jusqu’au transfert en serre. Le prix des meilleurs spécimens intègre ainsi le temps d’élevage, les installations, l’alimentation, les soins et cette sélection très sévère.

Le catalogue d’Aquakoï illustre ces écarts. À la date de consultation, des koï européennes de 10 à 15 cm étaient affichées entre 8 et 65 euros, contre 119 à 714 euros pour certains poissons de 31 à 35 cm. Dans le lot volé, certains spécimens valaient jusqu’à 1 200 euros, selon les informations rapportées par Le Parisien.

Rapporter 80 000 euros aux 235 carpes donne un ordre de grandeur d’environ 340 euros par poisson. Ce calcul ne correspond toutefois pas à un prix unitaire officiel : quelques animaux de grande valeur peuvent fortement tirer la moyenne vers le haut.

Un stock vivant impossible à remplacer immédiatement

Pour Aquakoï France, la perte ne se limite pas à une quantité de marchandises. Le site de l’entreprise indique produire entre 5 000 et 7 000 koï par an, après plus de vingt ans de sélection.

Chaque poisson représente donc du temps, des charges d’élevage et une valeur commerciale propre. Contrairement à un produit industriel, une carpe présentant un âge, une taille et un motif précis ne peut pas être remplacée à l’identique en quelques jours.

Le détail du préjudice de 80 000 euros n’a pas été rendu public. Il reste notamment impossible de savoir si ce montant comprend uniquement la valeur des poissons ou également les dégâts matériels et d’autres conséquences économiques du cambriolage.

Les carpes koï volées peuvent-elles être revendues facilement ?

Le volume du lot rend sa revente discrète plus complexe. Les motifs d’une carpe koï peuvent permettre à un éleveur ou à un acheteur expérimenté de reconnaître un spécimen à partir de photographies. En revanche, il n’existe pas de registre public uniforme permettant d’identifier individuellement toutes les koï détenues en France.

Une vente fractionnée entre plusieurs acheteurs ou sans documents de provenance pourrait compliquer les recherches. Mais aucun élément public ne permet actuellement d’affirmer que le cambriolage est lié à une commande, à une exportation ou à une filière organisée.

Pourquoi cette affaire est économique autant que judiciaire

Le vol des 235 carpes koï montre qu’un actif de grande valeur ne prend pas toujours la forme d’un véhicule, d’une machine ou d’un stock emballé. Dans une entreprise spécialisée, la valeur peut être concentrée dans des animaux sélectionnés pendant plusieurs années et destinés à un marché de passionnés.

Pour Aquakoï France, le défi sera désormais de mesurer la perte exacte, de reconstituer son stock et de limiter les conséquences commerciales. L’enquête devra, elle, déterminer qui a organisé cette opération et où les poissons ont été transportés.