Que s’est-il passé chez le prestataire de l’EFS ?

Coolworld intervient sur des conteneurs de stockage utilisés par l’EFS, notamment en Bourgogne-Franche-Comté. Selon Le Canard enchaîné, un technicien de permanence a constaté une remontée de température dans des chambres froides durant la nuit de dimanche à lundi. Les installations visées servaient notamment à conserver des échantillons de donneurs à −30 °C. L’EFS a aussi indiqué à l’hebdomadaire que du plasma congelé destiné à la transfusion était concerné. L’enquête du Canard enchaîné

Les chambres froides ont-elles atteint 110 °C ?

Le chiffre de 110 °C correspond à la température que les attaquants auraient programmée, selon l’hebdomadaire. La température maximale effectivement atteinte dans les chambres froides reste à établir. Le ministère de la Santé indique qu’aucune conséquence opérationnelle n’a été constatée, la remontée de température ayant été repérée. Le point de 01net sur l’incident

Comment la télémaintenance peut-elle exposer une chambre froide ?

Une chambre froide connectée associe généralement une sonde, un contrôleur et un système de supervision. La sonde mesure la température. Le contrôleur la compare à une valeur cible, appelée consigne, et pilote la production de froid. La supervision permet de consulter les relevés et, selon les droits accordés, de modifier certains réglages à distance.

Cette possibilité facilite les interventions de maintenance. Elle crée aussi un risque si un accès externe dispose de droits d’écriture et qu’il est compromis. Une personne qui utilise cet accès peut, selon l’installation et ses protections, modifier une consigne ou un seuil d’alerte. Un compte limité à la consultation des relevés expose moins de fonctions qu’un compte capable de reconfigurer plusieurs équipements. Dans le cas de Coolworld, les informations publiées à ce stade ne précisent pas le point d’entrée technique ni les droits utilisés. Guide de l’ANSSI sur la cybersécurité des systèmes industriels

Quel rapport avec le piratage des frigos de supermarchés ?

Des incidents ont aussi perturbé les équipements frigorifiques de commerces dans plusieurs pays européens le 2 novembre. Le point commun tient à la fonction des systèmes touchés. Une commande informatique peut modifier les conditions de conservation d’un stock physique. Le lien entre les attaques reste à établir. Notre article sur les cyberattaques contre les réfrigérateurs de supermarchés en Europe

Pour une entreprise, le risque dépend des équipements qu’un prestataire peut atteindre et des commandes qu’il peut exécuter. Une fuite de données et une modification de réglages industriels peuvent toutes deux partir d’un accès tiers. Dans le second cas, la question se pose immédiatement sur le terrain. Qui reçoit l’alerte et qui peut reprendre la main ? Notre décryptage de la fuite de données chez un prestataire de Carrefour

Que vérifier avec son prestataire frigorifique ?

Pour un commerce alimentaire, un entrepôt ou un laboratoire, le premier contrôle consiste à demander quels équipements le prestataire peut atteindre, à quels moments et avec quels droits. Quatre vérifications permettent de passer du contrat à un test concret.

  • Identifier les accès et leur durée. Savoir à qui appartient chaque compte, qui autorise une intervention et comment désactiver l’accès une fois l’opération terminée.
  • Limiter et sécuriser les commandes. Séparer les droits de consultation des droits de modification, utiliser une authentification multifacteur et limiter les connexions aux équipements nécessaires.
  • Vérifier la traçabilité. Contrôler que les connexions sont journalisées et vérifier quels changements de paramètres peuvent être retracés.
  • Tester l’alerte hors horaires ouvrés. Vérifier qu’une mesure locale permet de contrôler la température affichée par la supervision et qu’une personne peut intervenir si un écart est détecté.

L’ANSSI recommande notamment des connexions de durée limitée, une journalisation et un cloisonnement des accès. Le test d’alerte complète ces mesures en vérifiant la capacité à intervenir sur site. Les recommandations de l’ANSSI sur les accès distants, section 4.2.5