Quels pays sont concernés par la cyberattaque des supermarchés ?

Selon le point publié par Toute l’Europe le 3 novembre, des incidents ont été signalés en Belgique, en Estonie, en Finlande, en Irlande, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, au Portugal et en Suède.

Les conséquences varient d’un commerce à l’autre. En Belgique, une quinzaine de magasins Carrefour ont signalé des perturbations. D’autres enseignes, dont Delhaize et Intermarché, sont également concernées dans plusieurs pays. Ce bilan ne signifie pas que tous les magasins de ces réseaux ont été attaqués.

L’épisode intervient trois semaines après les cyberattaques contre les systèmes frigorifiques des supermarchés français, sur lesquelles Entreprisma était revenu en octobre.

Comment des pirates peuvent-ils perturber un réfrigérateur de magasin ?

La cible est le dispositif informatique qui permet de superviser le froid à distance. Un accès à ce contrôleur peut permettre de modifier les paramètres de fonctionnement des installations.

Les autorités suédoises ont confirmé le 3 novembre qu’une cyberattaque avait provoqué une hausse des températures dans plusieurs réfrigérateurs et congélateurs du commerce. Elles soulignent la vulnérabilité des technologies anciennes connectées à Internet, pour lesquelles les mises à jour peuvent être plus difficiles à appliquer.

Cela aide à comprendre le risque : un meuble frigorifique peut sembler fonctionner normalement alors que son système de commande est mal protégé. La sécurité dépend aussi des accès de maintenance et du réseau qui relie les équipements.

Quels équipements l’alerte française mentionne-t-elle ?

L’alerte du CERT-FR sur les contrôleurs de réfrigération, publiée le 12 octobre et actualisée le 16 octobre, mentionne les séries Danfoss AK-SM et AK-SC, ainsi que Copeland xweb et Dixell xweb.

Cette liste concerne l’alerte française. Elle ne prouve pas que tous ces équipements sont impliqués dans chacun des incidents de novembre, ni qu’une vulnérabilité unique explique l’ensemble des attaques.

Pourquoi ces incidents coûtent-ils cher aux commerces ?

Pour un magasin alimentaire, une perturbation du froid peut affecter simultanément les stocks, les ventes et l’organisation des équipes.

La facture potentielle dépasse la valeur d’achat des produits retirés. Il faut aussi mobiliser du personnel, faire intervenir un technicien, contrôler les installations et réapprovisionner les rayons. Une fermeture temporaire peut encore réduire les recettes.

Le montant final dépend donc de plusieurs facteurs : durée de l’incident, catégories de denrées, rapidité de détection et capacité à déplacer les stocks.

À ce stade, les sources consultées ne permettent pas d’établir un coût consolidé pour cette vague européenne. Présenter une perte globale chiffrée serait prématuré.

Pour un indépendant, l’enseignement est concret : un équipement technique connecté doit entrer dans l’analyse des risques de l’entreprise, au même titre que la caisse ou le logiciel de gestion.

La Commission européenne organise une réponse coordonnée

Le 3 novembre, la Commission européenne a annoncé des échanges avec notamment l’Enisa et Europol, ainsi qu’avec le réseau de gestion des cybercrises EU-CyCLONe, rapporte Toute l’Europe. L’objectif est de partager les informations et de coordonner la réponse.

Cette mobilisation ne constitue pas une attribution des attaques. L’identité des responsables et l’existence d’un lien entre tous les incidents restent à établir.

Que doivent vérifier les commerçants et leurs prestataires ?

Le CERT-FR recommande de supprimer l’exposition directe à Internet des unités concernées, de vérifier leur configuration et de rétablir les accès par un réseau protégé ou un VPN sécurisé. Les mises à jour disponibles et le remplacement des mots de passe par défaut font aussi partie de ses recommandations.

Ces opérations doivent être préparées avec le frigoriste et le responsable informatique. L’alerte demande notamment de vérifier les conditions d’assurance avant d’interrompre la transmission des données au prestataire.

Le CERT-FR précise qu’une restauration d’usine, seule, ne sécurise pas un équipement vulnérable qui reste exposé.

L’enjeu est de pouvoir vérifier les mesures réellement appliquées. Le développement d’outils d’analyse, comme ceux évoqués dans le partenariat entre Orange Cyberdefense et Mistral AI, s’inscrit dans un contexte où les entreprises doivent mieux connaître et surveiller leurs installations.