Le premier semestre de BIO-UV Group raconte deux histoires différentes.
La première est celle d’une activité qui résiste. Le groupe basé à Lunel a réalisé 20,1 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les six premiers mois de 2026, contre 20,4 millions un an auparavant.
La seconde concerne la rentabilité. Et elle est moins favorable.
L’EBITDA est passé de 3,5 à 2,5 millions d’euros, tandis que la marge d’EBITDA est revenue de 17,3 % à 12,5 %. Le résultat net part du groupe atteint 0,7 million d’euros, contre 1,3 million au premier semestre 2025.
Ces chiffres illustrent précisément pourquoi les résultats financiers des entreprises françaises ne peuvent pas être analysés uniquement à travers l’évolution du chiffre d’affaires.
Une activité stable, mais une rentabilité nettement moins élevée
Le chiffre d’affaires de BIO-UV recule d’environ 1,5 % sur un an. La contraction de la rentabilité est beaucoup plus marquée.
Le résultat d’exploitation tombe de 2 millions à 1,2 million d’euros, tandis que la marge d’exploitation passe de 9,9 % à 5,8 %.
Le résultat net recule pour sa part de près de moitié, de 1,3 million à 0,7 million d’euros.
BIO-UV attribue notamment cette pression à deux phénomènes concentrés sur sa division Produits : une concurrence chinoise intense et la hausse du prix du ruthénium, une matière première utilisée dans la fabrication de ses électrolyseurs.
Le groupe a parallèlement internalisé ses forces commerciales en France et poursuivi sa politique de maîtrise des coûts. Les charges de personnel ont diminué de 3 %, tandis que l’effectif moyen s’établit désormais à 143 collaborateurs.
La photographie du semestre n’est donc pas celle d’un effondrement de l’activité, mais plutôt celle d’un mix d’activités et de coûts beaucoup moins favorable à la marge.
Services et export deviennent les principaux relais de croissance de BIO-UV
Derrière la quasi-stabilité du chiffre d’affaires global, les différentes divisions suivent des trajectoires très différentes.
La division Prestations de services & marché après-vente progresse de 10 % sur le semestre. Elle profite de l’élargissement du parc d’équipements installés par BIO-UV et de la demande associée en maintenance, pièces, ingénierie et services.
La division Solutions renoue également avec la croissance.
BIO-UV souligne notamment la progression de l’aquaculture, qui génère 600 000 euros de chiffre d’affaires supplémentaire sur le semestre, ainsi qu’une stabilisation du marché du retrofit maritime.
À l’inverse, la division Produits recule de 13 %, affectée par la réorganisation commerciale et les pressions concurrentielles.
La géographie raconte la même transformation.
Les revenus réalisés à l’international progressent de 7 %, portés notamment par les solutions UV et ozone ainsi que les services en Asie. Le marché français recule, notamment en raison des activités liées à la piscine et de la réorganisation commerciale.
L’international représente désormais près de la moitié de l’activité du groupe.
Cette évolution renforce le poids de l’export dans le modèle économique de BIO-UV, un enjeu également central pour de nombreuses PME et ETI françaises engagées dans une stratégie d’internationalisation.
Pour atteindre 42 M€, BIO-UV doit maintenant fortement accélérer
C’est probablement le chiffre le plus important du communiqué.
BIO-UV maintient un objectif annuel compris entre 38 et 42 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026, contre 35,9 millions en 2025.
Cela représenterait une croissance annuelle comprise approximativement entre 6 % et 17 %.
Mais après 20,1 millions d’euros réalisés au premier semestre, la réalisation de cet objectif repose désormais largement sur les six prochains mois.
BIO-UV prévoit ainsi entre 18 et 22 millions d’euros de chiffre d’affaires au second semestre.
À titre de comparaison, le groupe avait réalisé 15,5 millions d’euros sur la même période en 2025.
Pour atteindre sa fourchette annuelle, BIO-UV doit donc générer au second semestre une croissance d’environ 16 % à 42 % sur un an.
C’est là que se situe désormais le véritable enjeu des résultats 2026.
L’objectif bas de 38 millions suppose déjà une accélération significative. Atteindre 42 millions nécessiterait un changement de rythme beaucoup plus marqué.
Aquaculture, maritime et après-vente : les trois moteurs attendus au second semestre
BIO-UV mise principalement sur plusieurs relais pour provoquer cette accélération.
La division Solutions doit continuer à progresser grâce à l’aquaculture à l’international, mais également au maritime, aux collectivités et au traitement des eaux industrielles et usées.
Le groupe compte aussi sur un retour à un niveau d’activité plus normalisé dans les équipements de traitement de l’eau.
Enfin, les Prestations de services et le marché après-vente devraient continuer à se développer.
Ce dernier segment possède une importance particulière dans l’équation économique de BIO-UV : l’entreprise le présente comme une activité plus fortement contributrice aux marges.
À mesure que le parc de machines installées augmente, BIO-UV peut en théorie développer autour de ces équipements des revenus récurrents liés aux pièces, à la maintenance, à l’ingénierie ou aux interventions techniques.
Le modèle évolue alors progressivement d’une logique reposant essentiellement sur la vente d'équipements vers une combinaison entre vente de technologies et monétisation du parc installé.
C’est potentiellement l’un des leviers les plus structurants pour le groupe à moyen terme.
Le désendettement progresse, mais la dette nette augmente à mi-2026
BIO-UV met également en avant la poursuite de sa politique de désendettement.
Le groupe a procédé à 1,8 million d’euros de remboursements nets d’emprunts financiers au premier semestre. L’endettement financier brut est ainsi passé de 17,6 millions d’euros fin 2025 à 16,1 millions au 30 juin 2026.
La lecture de la trésorerie demande toutefois davantage de nuance.
Le besoin en fonds de roulement a consommé 1,6 million d’euros au premier semestre, notamment sous l’effet de l’augmentation des créances clients et des matières premières.
Le cash-flow d’exploitation ressort ainsi à seulement 0,5 million d’euros et le free cash-flow devient légèrement négatif à -0,2 million d’euros, contre +1 million un an auparavant.
Dans le même temps, la trésorerie disponible est passée de 10,2 à 7,8 millions d’euros.
Conséquence : malgré les remboursements d’emprunts, l’endettement financier net atteint 8,4 millions d’euros, contre 7,5 millions à la fin de 2025.
Le ratio de gearing reste néanmoins contenu à 20 %.
La distinction entre dette brute, dette nette et génération de trésorerie sera donc particulièrement importante pour analyser les prochains résultats et mouvements des entreprises françaises.
Le second semestre devient le véritable test de la stratégie BIO-UV
BIO-UV dispose de plusieurs indicateurs favorables avant d'aborder cette deuxième moitié d’année.
À mi-septembre, le carnet de commandes était légèrement supérieur à celui enregistré un an auparavant et le groupe indiquait disposer d’un volume d’opportunités commerciales plus important à l’export.
Il prévoit également de renforcer sa présence sur plusieurs marchés considérés comme porteurs, notamment l’Asie et la Scandinavie.
Mais les prochains mois devront confirmer plusieurs éléments :
- la capacité de BIO-UV à générer entre 18 et 22 millions d’euros de chiffre d’affaires au second semestre ;
- la poursuite de la croissance des services et de l’après-vente ;
- la montée en puissance de l’aquaculture à l’export ;
- une éventuelle amélioration des marges après les pressions observées au premier semestre ;
- la maîtrise du besoin en fonds de roulement et de la trésorerie ;
- la poursuite de la réduction de l’endettement brut sans nouvelle dégradation de la dette nette.
La publication du chiffre d’affaires annuel 2026 est prévue le 21 janvier 2027.
BIO-UV ne se trouve donc pas simplement face à un objectif de croissance.
Le groupe doit démontrer que la progression des Solutions, des services et de l’international peut désormais compenser durablement les difficultés de la division Produits et, surtout, retransformer la croissance commerciale en marge et en cash.
C’est probablement sur ce point, davantage que sur le seul niveau de chiffre d’affaires, que se jouera la lecture des résultats 2026.
À propos de BIO-UV Group
Créé en 2000, BIO-UV Group développe des systèmes de traitement et de désinfection de l’eau utilisant notamment les ultraviolets, l’électrolyse de sel, l’ozone et les procédés d’oxydation avancée.
Le groupe intervient notamment dans les piscines, l’aquaculture, le maritime, les eaux industrielles, les eaux municipales et la réutilisation des eaux usées.
BIO-UV Group est coté sur Euronext Growth Paris sous le code ALTUV.
