Miliboo démarre son exercice avec une croissance de 19,1 %

Miliboo commence son exercice 2026-2027 sur un rythme nettement supérieur à celui du marché français de l’ameublement. Entre le 1er mai et le 31 juillet 2026, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires non audité de 11,65 millions d’euros, contre 9,78 millions d’euros un an plus tôt.

La progression atteint ainsi 19,1 % sur un an.

Tableau : Indicateur, T1 2025-2026, T1 2026-2027, Évolution
IndicateurT1 2025-2026T1 2026-2027Évolution
Chiffre d’affaires total9,78 M€11,65 M€+19,1 %
France8,20 M€9,76 M€+19,1 %
International1,59 M€1,89 M€+19,1 %
Volumes vendusEnviron +25 %
Effet prix-4,9 %

Cette performance prolonge la dynamique observée à la fin de l’exercice précédent. Miliboo avait terminé son quatrième trimestre 2025-2026 sur une croissance de 17,8 %, avant de clôturer l’année avec un chiffre d’affaires supérieur à 44 millions d’euros.

Le premier trimestre marque donc une nouvelle accélération, même si la comparaison porte sur une période courte et ne permet pas encore d’anticiper les résultats de l’ensemble de l’exercice.

Une croissance principalement tirée par les volumes

Le chiffre le plus révélateur n’est pas nécessairement la hausse de 19,1 % du chiffre d’affaires. Il s’agit plutôt de l’augmentation des volumes, estimée par Miliboo à environ 25 %.

La marque a donc vendu nettement plus de meubles qu’au premier trimestre de l’exercice précédent. Dans le même temps, l’effet prix ressort à -4,9 %.

Cet indicateur peut refléter plusieurs phénomènes :

  • un prix moyen de vente moins élevé ;
  • un recours plus important aux promotions ;
  • une évolution du mix de produits ;
  • une progression plus forte des références accessibles ;
  • une stratégie commerciale privilégiant les volumes.

Miliboo ne construit donc pas sa croissance sur une augmentation généralisée de ses tarifs. L’entreprise semble au contraire chercher à élargir sa clientèle et à gagner du terrain grâce à une offre disponible, rapidement livrable et positionnée sur un segment accessible du mobilier design.

Cette stratégie peut accélérer les ventes, mais elle impose une vigilance particulière sur les marges. Comme Entreprisma l’a déjà analysé, une progression de l’activité ou de l’audience ne garantit pas automatiquement la rentabilité.

Le site Miliboo.com devient le principal moteur en France

La France représente 84 % du chiffre d’affaires trimestriel de Miliboo. Les ventes françaises atteignent 9,76 millions d’euros, soit une progression de 19,1 %.

Cette croissance provient principalement du site Miliboo.com, qui aurait enregistré des niveaux records de fréquentation. Les ventes réalisées sur les marketplaces partenaires progressent également, mais dans une moindre mesure.

Les boutiques physiques résistent, sans toutefois constituer le moteur principal de l’accélération. Miliboo exploite quatre points de vente, baptisés « Milibootik », à Paris, Lyon et Annecy.

La répartition de la croissance confirme ainsi la nature profondément numérique du modèle. Le réseau physique sert à présenter la marque et à rassurer les clients, tandis que le site Internet concentre l’essentiel du potentiel de distribution.

Cette organisation permet à Miliboo de toucher une clientèle nationale sans supporter le coût d’un vaste réseau de magasins. Elle renforce cependant sa dépendance à plusieurs variables numériques : acquisition de trafic, référencement, publicité en ligne, conversion du site et maîtrise du coût d’acquisition des clients.

La disponibilité des produits devient un avantage concurrentiel

Miliboo attribue également sa performance à une meilleure disponibilité de ses références, notamment de ses produits les plus vendus.

Cet élément peut sembler secondaire, mais il est déterminant dans l’ameublement. Une rupture de stock ou un délai de livraison trop long peut rapidement entraîner l’abandon d’un panier, surtout lorsque le consommateur compare plusieurs enseignes en ligne.

Miliboo revendique plus de 2 500 références et une capacité d’expédition sous 24 à 72 heures en France. L’entreprise contrôle une partie importante de sa chaîne de valeur : conception, design, contrôle qualité, marketing, relation client et logistique.

Elle dispose notamment de son propre entrepôt, Milistock, situé à Saint-Martin-de-Crau. Cette maîtrise opérationnelle rapproche son modèle des stratégies observées chez les entreprises qui cherchent à faire de la chaîne logistique un avantage commercial.

Dans un secteur où les délais peuvent atteindre plusieurs semaines, la disponibilité immédiate d’un canapé, d’une table ou d’un meuble de rangement devient un argument de vente à part entière.

Miliboo progresse également en Europe

L’international représente encore une part minoritaire de l’activité, avec 1,89 million d’euros de chiffre d’affaires trimestriel, soit 16 % du total.

La progression atteint néanmoins 19,1 %, exactement comme en France.

L’Allemagne reste le premier marché international de Miliboo et contribue fortement à cette accélération. La Belgique progresse également, tandis que l’Espagne et l’Italie enregistrent des croissances à deux chiffres.

Cette homogénéité constitue un signal positif : la croissance ne dépend pas d’un seul pays ou d’une opération commerciale isolée. Elle montre que l’offre peut trouver son public sur plusieurs marchés européens.

L’international reste toutefois trop limité pour modifier profondément le profil du groupe. La France concentre toujours plus de quatre cinquièmes de l’activité. Le développement européen constitue donc davantage un relais de croissance qu’un véritable moteur autonome.

Une performance qui tranche avec la faiblesse du marché du meuble

La progression de Miliboo intervient dans un environnement peu porteur. Le marché français du meuble a enregistré plusieurs années consécutives de recul. En 2025, l’activité sectorielle avait encore diminué de 1,8 %, selon les données de l’Institut de prospective et d’études de l’ameublement relayées par Maison à part.

L’ameublement reste pénalisé par plusieurs facteurs :

  • la faiblesse du marché immobilier ;
  • le recul de la construction neuve ;
  • les arbitrages budgétaires des ménages ;
  • la hausse des dépenses contraintes ;
  • une consommation prudente sur les achats importants ;
  • la concurrence des grandes plateformes et des enseignes à bas prix.

Dans ce contexte, une progression proche de 20 % suggère que Miliboo ne bénéficie pas simplement d’une reprise générale. La marque semble gagner des clients face à d’autres acteurs, même si le communiqué ne fournit pas de données suffisamment détaillées pour mesurer précisément une éventuelle hausse de ses parts de marché.

Le groupe affirme d’ailleurs vouloir poursuivre cette stratégie de conquête en optimisant son offre et en maintenant une gestion stricte de ses charges.

Le retour aux bénéfices doit désormais être consolidé

La croissance du chiffre d’affaires intervient après une amélioration des résultats financiers de Miliboo.

Sur l’exercice 2025-2026, l’entreprise avait réalisé 44,1 millions d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 13,1 %. Son taux de marge brute s’était maintenu à 60,6 %, tandis que l’EBITDA était redevenu positif à 0,8 million d’euros.

Le résultat net avait atteint environ 300 000 euros, permettant à Miliboo de renouer avec les bénéfices. Ces éléments figurent dans les résultats annuels 2025-2026 de Miliboo.

Ce retour dans le vert reste néanmoins récent et encore étroit. Le résultat net représentait moins de 1 % du chiffre d’affaires annuel. Miliboo doit donc démontrer que l’augmentation des volumes peut produire davantage de marge, et pas seulement davantage de revenus.

Le recul de l’effet prix au premier trimestre devra notamment être surveillé. Une baisse du prix moyen n’est pas problématique si elle est compensée par une meilleure rotation des stocks, des coûts logistiques maîtrisés et une acquisition client plus efficace. Elle devient plus risquée si elle repose sur des promotions trop importantes ou sur un mix produit moins rentable.

Le semestre permettra de mesurer la qualité de la croissance

Le communiqué trimestriel porte uniquement sur le chiffre d’affaires. Il ne fournit aucune indication nouvelle concernant la marge brute, l’EBITDA, le résultat net, les stocks ou la trésorerie.

Il est donc encore trop tôt pour conclure que la hausse de 19,1 % améliore mécaniquement la situation financière de l’entreprise.

La publication du chiffre d’affaires semestriel, prévue le 10 décembre 2026 après la clôture des marchés, devra permettre de répondre à plusieurs questions :

  1. Miliboo maintient-il une croissance à deux chiffres ?
  2. L’effet prix négatif continue-t-il de peser sur le revenu moyen par commande ?
  3. La hausse des volumes améliore-t-elle suffisamment l’absorption des coûts fixes ?
  4. Les ventes internationales prennent-elles davantage de poids ?
  5. Le groupe conserve-t-il une marge brute supérieure à 60 % ?

Pour Miliboo, le premier trimestre valide la dynamique commerciale. Le prochain enjeu sera de prouver que cette accélération peut également renforcer durablement les résultats.