Deux montages dominent : l’apport des titres à la holding, qui peut placer la plus-value en report d’imposition, et la vente des titres à la holding, qui dégage éventuellement des liquidités personnelles mais rend généralement la plus-value immédiatement imposable. Le choix dépend du projet, de la valeur de l’entreprise, du besoin de financement et du calendrier d’une éventuelle cession.

Depuis le 21 février 2026, les règles de l’apport-cession ont évolué. Lorsque la holding revend les titres apportés moins de trois ans après l’apport, le maintien du report exige désormais, dans le cas général, le réinvestissement d’au moins 70 % du produit de cession dans un délai de trois ans, avec une conservation minimale de cinq ans des actifs remployés.

Les anciennes références à 60 % sous deux ans ne doivent plus être appliquées automatiquement aux cessions relevant du nouveau texte.

Réponse rapide

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1. Faites valoriser la société existante.
2. Choisissez la forme et la fiscalité de la holding.
3. Vérifiez les statuts, pactes, contrats bancaires et clauses de changement de contrôle.
4. Constituez la holding, généralement avec un apport des titres de la société opérationnelle.
5. Faites intervenir un commissaire aux apports lorsque cela est requis.
6. Formalisez le transfert des titres et les déclarations fiscales.
7. Mettez à jour les registres et les bénéficiaires effectifs.
8. Activez le régime mère-fille lorsque ses conditions sont réunies.

Peut-on créer une holding après avoir créé sa société ?

Oui. La holding ne doit pas obligatoirement exister avant la société opérationnelle. Elle peut être interposée plusieurs mois ou plusieurs années après la création de l’entreprise.

Avant l’opération, l’entrepreneur détient directement les actions ou les parts de sa société. Après l’interposition :

  1. l’entrepreneur détient les titres de la holding ;
  2. la holding détient les titres de la société opérationnelle ;
  3. la société opérationnelle conserve son activité, ses salariés, ses actifs et sa personnalité morale ;
  4. les futurs dividendes peuvent remonter vers la holding sous le régime mère-fille si les conditions sont remplies.

L’entreprise existante n’est donc ni dissoute ni recréée. Son numéro Siren, ses contrats et son historique demeurent en principe inchangés.

En revanche, son associé ou son actionnaire devient la holding, ce qui peut déclencher des obligations prévues par les statuts, un pacte d’associés, un contrat de prêt, une autorisation réglementaire ou une clause de changement de contrôle.

Pour une vision globale du montage et de ses objectifs, consultez le guide Entreprisma consacré à la manière de créer une holding.

Pourquoi mettre une holding au-dessus d’une société existante ?

L’interposition d’une holding doit servir un objectif économique identifiable. Elle peut notamment permettre de :

  • réinvestir une plus grande part des dividendes professionnels ;
  • acheter une seconde entreprise ou créer une nouvelle filiale ;
  • préparer une cession suivie d’un réinvestissement entrepreneurial ;
  • centraliser la gouvernance de plusieurs activités ;
  • accueillir des investisseurs au niveau du groupe ;
  • organiser une transmission familiale ;
  • financer une acquisition ou un développement grâce à la trésorerie du groupe.

Le montage est moins pertinent lorsque le dirigeant souhaite seulement récupérer les bénéfices pour ses dépenses personnelles.

La holding ajoute une comptabilité, un compte bancaire, des formalités et des coûts annuels. Elle améliore principalement la capacité de réinvestissement dans la sphère professionnelle.

Les trois façons de placer une holding au-dessus de sa société

MéthodeFonctionnementConséquence principaleCas adapté
Apport des titresL’entrepreneur apporte ses titres à la holding et reçoit des titres de celle-ciPlus-value généralement placée en report si la holding est contrôléeRéorganisation sans besoin immédiat de liquidités personnelles
Vente des titresLa holding achète les titres de l’entrepreneurPlus-value généralement imposable immédiatement et dette dans la holdingBesoin de liquidités personnelles et financement solide
Entrée par augmentation de capitalLa holding souscrit de nouveaux titres de la société existanteDilution des associés historiques, sans transfert nécessaire de tous les anciens titresRenforcement financier ou entrée progressive de la holding

Dans la majorité des situations où un entrepreneur souhaite simplement interposer une société mère, l’apport de titres constitue la méthode de référence.

La vente à sa propre holding, parfois qualifiée d’owner buy-out ou d’OBO, répond à une logique différente et nécessite un financement réel.

Méthode 1 : apporter les titres de la société à la holding

Comment fonctionne l’apport de titres ?

L’entrepreneur transfère à la holding les actions ou les parts qu’il détient dans la société opérationnelle. En contrepartie, la holding lui remet ses propres actions ou parts sociales.

Exemple :

  • un entrepreneur possède 100 % d’une SASU valorisée 600 000 € ;
  • il constitue une SASU holding ;
  • il apporte à cette holding les actions de sa société opérationnelle ;
  • la holding inscrit les titres apportés à son actif pour leur valeur retenue ;
  • l’entrepreneur reçoit en contrepartie des actions de la holding.

Après l’opération, l’entrepreneur ne détient plus directement la société opérationnelle. Il détient la holding, qui possède elle-même la filiale.

Pourquoi faut-il valoriser la société ?

La valeur des titres apportés détermine notamment :

  • la valeur de l’apport en nature ;
  • le nombre et la valeur des titres remis par la holding ;
  • la plus-value placée en report ou en sursis d’imposition ;
  • la cohérence du bilan d’ouverture de la holding ;
  • les futurs calculs de cession et de transmission.

Une valorisation manifestement excessive peut surévaluer le capital de la holding et fragiliser l’opération. Une valeur artificiellement faible peut léser un associé, fausser la plus-value ou être contestée par l’administration.

La méthode doit être adaptée à l’entreprise : rentabilité, trésorerie, dette, actifs, dépendance au dirigeant, récurrence des revenus et transactions comparables.

Une évaluation n’est pas un simple chiffre produit pour les statuts. Elle constitue le socle juridique et fiscal du montage.

Le commissaire aux apports est-il obligatoire ?

Les titres d’une société constituent un apport en nature. Ils doivent en principe être évalués par un commissaire aux apports indépendant, dont le rapport est annexé aux statuts ou déposé selon les modalités applicables.

Dans une SAS ou une SARL, une dispense peut exister lorsque :

  • aucun apport en nature ne dépasse 30 000 € ;
  • la valeur totale des apports en nature ne représente pas plus de la moitié du capital.

Ces seuils sont rarement respectés lorsqu’une entreprise déjà développée est apportée à une holding.

Le commissaire aux apports contrôle la valeur retenue, mais il ne remplace ni l’avocat chargé de structurer l’opération ni le conseil fiscal chargé d’analyser la plus-value.

La fiche officielle sur la constitution du capital social rappelle les principes applicables aux apports en nature.

Quelle fiscalité lors de l’apport des titres à la holding ?

L’apport des titres fait apparaître une plus-value correspondant, de manière simplifiée, à la différence entre :

  • la valeur des titres retenue lors de l’apport ;
  • leur prix ou valeur fiscale d’acquisition.

Si des actions souscrites pour 10 000 € sont apportées pour 600 000 €, la plus-value d’apport atteint théoriquement 590 000 €.

Cette plus-value n’est pas nécessairement payée immédiatement.

Le report d’imposition de l’article 150-0 B ter

Lorsque l’entrepreneur contrôle la holding bénéficiaire après l’opération, la plus-value relève généralement du report d’imposition prévu par l’article 150-0 B ter du Code général des impôts.

Le report signifie que la plus-value est calculée et déclarée lors de l’apport, mais que son paiement est différé jusqu’à la réalisation d’un événement mettant fin au dispositif.

Le contribuable est notamment considéré comme contrôlant la holding lorsqu’il :

  • détient directement ou indirectement la majorité des droits de vote ou des droits dans les bénéfices sociaux ;
  • dispose de cette majorité en vertu d’un accord avec d’autres associés ;
  • exerce en fait le pouvoir de décision.

Une présomption de contrôle existe également lorsqu’il détient au moins 33,33 % des droits et qu’aucun autre associé n’en possède davantage.

Si l’entrepreneur ne contrôle pas la holding, l’opération peut relever du mécanisme distinct de sursis d’imposition prévu par l’article 150-0 B. La frontière entre les deux régimes doit être déterminée avant la signature.

Quels événements mettent fin au report ?

Le report peut notamment prendre fin lors :

  • de la cession, du rachat, du remboursement ou de l’annulation des titres de la holding reçus en contrepartie de l’apport ;
  • de la cession par la holding des titres apportés dans les trois années suivant l’apport, sauf respect des conditions de remploi ;
  • de certaines restructurations ou transmissions ;
  • du transfert du domicile fiscal hors de France dans les conditions de l’exit tax.

Le report n’est donc pas une exonération définitive. Il suit la plus-value et impose des obligations déclaratives dans la durée.

Apport-cession : ce qui a changé en 2026

La loi de finances pour 2026 a durci et allongé les conditions de remploi applicables lorsque la holding revend rapidement les titres apportés.

Pour les cessions de titres apportés réalisées à compter du lendemain de la publication de la loi, soit à compter du 21 février 2026, le maintien du report lorsque la cession intervient dans les trois ans suivant l’apport exige, dans le cas général :

  • un engagement de réinvestir au moins 70 % du produit de cession ;
  • un réinvestissement réalisé dans un délai de trois ans à compter de la cession ;
  • un remploi dans des activités, sociétés ou fonds éligibles ;
  • une conservation des biens ou titres remployés pendant au moins cinq ans à compter de leur inscription à l’actif de la holding.

Les anciennes règles, couramment résumées par « 60 % sous deux ans », demeurent présentes dans de nombreux articles et dans une doctrine administrative antérieure à la loi de finances 2026.

Elles ne doivent plus être reprises sans vérifier la date de la cession et le texte applicable.

Exemple après la réforme de 2026

Un dirigeant apporte ses titres à une holding le 1er septembre 2026. La holding revend ces titres pour 1 000 000 € le 1er juillet 2027, soit moins de trois ans après l’apport.

Pour maintenir le report dans le cas général, la holding doit notamment :

  • réinvestir au moins 700 000 € ;
  • réaliser ce remploi au plus tard le 1er juillet 2030 ;
  • sélectionner des actifs ou supports éligibles ;
  • conserver les biens ou titres concernés pendant au moins cinq ans.

La conservation de 300 000 € en trésorerie n’est pas, à elle seule, incompatible avec le seuil de 70 %. En revanche, placer les 700 000 € sur de simples supports patrimoniaux non éligibles ne permet pas de satisfaire l’obligation de remploi.

Les règles 2026 et leur date d’application figurent dans l’article 150-0 B ter du Code général des impôts.

Point de vigilance éditorial et fiscal : toute simulation d’apport-cession réalisée avant février 2026 doit être recalculée. Le passage de 60 % à 70 %, de deux à trois ans et l’ajout d’une conservation minimale de cinq ans modifient directement la stratégie de liquidité.

Méthode 2 : vendre les titres à sa holding

Au lieu d’apporter ses titres, l’entrepreneur peut les vendre à la holding. La société mère devient propriétaire de la société opérationnelle et doit payer le prix convenu.

Le financement peut provenir :

  • d’un apport en numéraire réalisé dans la holding ;
  • d’un emprunt bancaire ;
  • d’un crédit-vendeur accordé par l’entrepreneur ;
  • d’une combinaison de ces ressources.

Cette solution permet au dirigeant de recevoir personnellement un prix de cession. Elle produit toutefois trois conséquences majeures.

La plus-value devient généralement imposable immédiatement

La vente constitue une cession à titre onéreux. La différence entre le prix de vente et le prix fiscal d’acquisition des titres forme une plus-value imposable selon le régime applicable au cédant.

Contrairement à l’apport à une holding contrôlée, la vente ne place pas automatiquement la plus-value sous le report de l’article 150-0 B ter.

La holding supporte une dette

La société mère doit financer l’achat et rembourser sa dette. Elle dépend alors de la capacité future de la filiale à distribuer des dividendes sans fragiliser son activité.

La banque examinera notamment :

  • la rentabilité ;
  • la trésorerie disponible ;
  • les besoins d’investissement ;
  • les garanties ;
  • la capacité de remboursement ;
  • le comportement financier du groupe dans un scénario dégradé.

Une holding ne transforme pas une société insuffisamment rentable en cible finançable.

L’opération doit avoir une logique économique défendable

Lorsque le vendeur et l’acquéreur sont contrôlés par la même personne, le prix, le financement et l’intérêt de l’opération doivent être particulièrement documentés.

Une surévaluation permettrait de faire sortir artificiellement de la trésorerie et expose à des requalifications.

Pour les actions de SAS ou de SASU, le droit d’enregistrement atteint en principe 0,1 % du prix, avec un minimum légal et des règles particulières pour les sociétés à prépondérance immobilière.

Pour des parts de SARL, le taux est en principe de 3 % après un abattement de 23 000 € proratisé.

Les formalités sont détaillées dans la fiche officielle sur la cession d’actions de SAS ou SASU et dans la présentation de la SARL.

Apport ou vente à la holding : comment choisir ?

QuestionApport de titresVente des titres
Le dirigeant reçoit-il des liquidités personnelles ?Non, il reçoit des titres de la holdingOui, si la holding paie effectivement le prix
La holding doit-elle emprunter ?Pas nécessairementSouvent
La plus-value est-elle immédiatement payée ?Généralement non en présence d’un report ou sursisGénéralement oui
L’opération convient-elle à une simple réorganisation ?OuiRarement
Le montage dépend-il des dividendes futurs pour rembourser une dette ?Pas nécessairementSouvent
Le risque de tension de trésorerie est-il élevé ?Modéré hors autres dettesPlus élevé
Une valorisation indépendante est-elle nécessaire ?OuiOui
Le dirigeant prépare-t-il une vente rapide ?Vigilance sur le remploi de 70 %Fiscalité immédiate à modéliser
En pratique, l’apport est généralement plus cohérent lorsqu’il s’agit uniquement de créer une architecture de groupe. La vente répond à un objectif de liquidité personnelle et doit reposer sur une capacité de financement démontrée.

Les étapes pour créer une holding après sa société

Étape 1 : définir l’objectif du montage

La holding doit répondre à une stratégie précise : réinvestissement, acquisition, transmission, ouverture du capital ou préparation d’une cession.

L’objectif détermine le choix entre apport et vente.

Étape 2 : auditer la société existante

Il faut examiner :

  • les statuts et les clauses d’agrément ;
  • le pacte d’associés ou d’actionnaires ;
  • les contrats de financement ;
  • les garanties accordées ;
  • les autorisations liées à une activité réglementée ;
  • les clauses de changement de contrôle dans les contrats commerciaux ;
  • le régime matrimonial du dirigeant ;
  • la répartition actuelle du capital et des droits de vote.

Dans une SARL comprenant plusieurs associés, l’apport des parts à une nouvelle holding peut être soumis à l’agrément prévu pour les transferts à un tiers.

Dans une SAS, les statuts et le pacte peuvent imposer une procédure d’agrément ou de préemption.

Étape 3 : valoriser les titres

La valorisation doit être documentée par une méthode adaptée. Elle servira au commissaire aux apports, aux statuts, au calcul de la plus-value et, le cas échéant, au financeur.

Étape 4 : choisir la forme de la holding

Une personne seule choisit généralement entre SASU et EURL. À plusieurs, la holding peut prendre la forme d’une SAS ou d’une SARL.

La décision dépend :

  • de la gouvernance ;
  • de la rémunération du dirigeant ;
  • de l’entrée future d’investisseurs ;
  • du traitement social des dividendes personnels ;
  • des conditions de transmission des titres.

Le comparatif Holding SASU ou SARL permet d’arbitrer ces critères.

Une EURL détenue par une personne physique relève normalement de l’IR. Une option pour l’IS est généralement nécessaire lorsque l’objectif est d’utiliser le régime mère-fille.

Étape 5 : rédiger les statuts et nommer le commissaire aux apports

L’objet social doit autoriser la prise, la détention et la gestion de participations.

S’il est prévu que la holding fournisse de véritables services à ses filiales, ces activités doivent également être envisagées dans l’objet, sans confondre rédaction statutaire et activité effective.

Le rapport du commissaire aux apports doit être établi et intégré au dossier lorsque son intervention est requise.

Étape 6 : constituer et immatriculer la holding

Les formalités comprennent notamment :

  • la signature des statuts ;
  • le dépôt des éventuels apports en numéraire ;
  • la publication d’une annonce légale ;
  • la déclaration des bénéficiaires effectifs ;
  • le dépôt du dossier sur le guichet unique ;
  • l’immatriculation de la nouvelle société.

La procédure officielle est présentée dans le guide administratif Comment créer une société ?.

Étape 7 : réaliser juridiquement le transfert des titres

Selon le montage, il faut :

  • signer un traité d’apport ou un acte de cession ;
  • respecter les procédures d’agrément ;
  • mettre à jour le registre des mouvements de titres ;
  • modifier les statuts lorsque cela est nécessaire ;
  • remettre les titres de la holding à l’apporteur ;
  • constater la nouvelle répartition du capital.

La seule immatriculation d’une société appelée « holding » ne la place pas automatiquement au-dessus de l’entreprise existante. Le transfert juridique doit être réellement exécuté.

Étape 8 : accomplir les déclarations fiscales et réglementaires

Le contribuable doit déclarer la plus-value d’apport et son report selon les règles applicables.

La holding et la société opérationnelle doivent également mettre à jour leurs informations lorsque la chaîne de contrôle ou les bénéficiaires effectifs déclarés évoluent.

L’INPI rappelle que la déclaration doit distinguer les détentions directes et indirectes dans sa présentation des bénéficiaires effectifs d’une société.

Que change la holding dans la société existante ?

ÉlémentConséquence habituelle
Personnalité moraleInchangée
Numéro Siren et SiretInchangés
Salariés et contrats de travailInchangés en principe
Activité et facturationInchangées
Comptes bancaires de la filialeConservés, sous réserve des obligations bancaires
Associé ou actionnaireLa holding remplace totalement ou partiellement le dirigeant
Bénéficiaire effectifSouvent toujours le dirigeant, mais désormais par détention indirecte
Dividendes futursVersés à la holding à hauteur de sa participation
GouvernanceÀ adapter selon les droits de la holding et les associés restants

La holding ne doit pas créer une confusion de patrimoines. Chaque société conserve sa comptabilité, ses intérêts propres, ses décisions et son compte bancaire.

Quelle fiscalité après l’interposition de la holding ?

Lorsque la holding détient au moins 5 % du capital de la filiale et respecte les autres conditions, elle peut opter pour le régime mère-fille.

Dans le cas général :

  • 95 % des dividendes reçus sont retranchés du résultat fiscal ;
  • une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposable ;
  • avec un IS à 25 %, le coût théorique correspond à 1,25 % du dividende éligible.

Pour 100 000 € de dividendes, la quote-part taxable atteint 5 000 € et l’IS théorique 1 250 €.

La méthode complète est expliquée dans l’article Entreprisma sur le calcul du régime mère-fille d’une holding.

Cette fiscalité facilite le réinvestissement. Si la holding reverse ensuite l’argent à l’entrepreneur, un second niveau d’imposition personnelle intervient.

L’argent détenu par la société mère ne peut pas être utilisé librement pour payer des dépenses privées.

Combien coûte l’interposition d’une holding ?

Le coût dépasse les seuls frais administratifs de constitution.

PosteMontant ou principe en 2026
Immatriculation d’une société commerciale33,83 €
Déclaration des bénéficiaires effectifs19,33 €
Annonce légale SASU en métropole142 € HT
Annonce légale SAS en métropole199 € HT
Annonce légale EURL en métropole124 € HT
Annonce légale SARL en métropole148 € HT
Commissaire aux apportsHonoraires variables selon la valeur et la complexité
Valorisation et conseil fiscalHonoraires variables
Rédaction du traité d’apport ou de cessionHonoraires variables
Comptabilité et obligations annuellesCoût récurrent pour une société supplémentaire

Une interposition simple peut coûter quelques milliers d’euros lorsque l’évaluation, le commissaire aux apports et les actes sont confiés à des professionnels.

Une opération impliquant plusieurs associés, une valeur importante, une dette ou une vente prochaine peut coûter davantage.

Les montants administratifs officiels sont détaillés dans les fiches consacrées au coût des formalités de création et aux tarifs des annonces légales.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Une opération simple exige généralement plusieurs semaines, car il faut coordonner :

  • la valorisation ;
  • le commissaire aux apports ;
  • la rédaction des statuts ;
  • la publication de l’annonce légale ;
  • l’immatriculation ;
  • le transfert des titres ;
  • les déclarations fiscales.

Le calendrier s’allonge lorsque :

  • plusieurs associés doivent donner leur agrément ;
  • un pacte prévoit une préemption ;
  • une banque doit autoriser le changement de contrôle ;
  • l’activité est réglementée ;
  • la valorisation est contestée ou complexe ;
  • la vente de l’entreprise est déjà envisagée ;
  • le montage comporte une dette ou une soulte.

Créer la holding quelques jours avant une cession sans avoir anticipé le report d’imposition, le remploi et les obligations documentaires expose à des erreurs coûteuses.

Trois exemples concrets

Cas 1 : une SASU rentable veut investir dans une seconde entreprise

Le dirigeant possède une SASU valorisée 500 000 € et souhaite investir ses futurs dividendes dans une nouvelle société. Il crée une SASU holding et lui apporte les actions de la société opérationnelle.

Le montage est cohérent si la valorisation est justifiée, la plus-value d’apport correctement déclarée et les titres conservés selon les règles applicables.

Les dividendes futurs peuvent remonter sous le régime mère-fille, puis financer la nouvelle activité.

Cas 2 : le dirigeant souhaite recevoir 300 000 € personnellement

La holding achète une partie de ses titres pour 300 000 €, financés par emprunt. Le dirigeant reçoit le prix, mais la plus-value devient généralement imposable et la holding doit rembourser sa dette grâce aux flux futurs du groupe.

La solution peut fonctionner si la société opérationnelle dispose d’une rentabilité suffisante.

Elle devient dangereuse si les remboursements obligent la filiale à distribuer une trésorerie nécessaire à son exploitation.

Cas 3 : une cession est prévue l’année suivant l’apport

Le dirigeant apporte les titres en septembre 2026 et la holding les revend en 2027. La cession intervient moins de trois ans après l’apport.

Le maintien du report suppose alors de respecter les nouvelles conditions 2026, notamment :

  • le remploi d’au moins 70 % du produit ;
  • un délai maximal de trois ans ;
  • la sélection d’actifs éligibles ;
  • la conservation des actifs pendant au moins cinq ans.

Si le dirigeant souhaitait conserver l’essentiel du prix sous forme de placements patrimoniaux liquides, le montage peut ne pas correspondre à son objectif.

Les erreurs à éviter

Créer la holding sans transférer les titres

Une holding vide ne devient pas société mère par son seul objet social. L’apport, la vente ou la souscription doivent être réalisés juridiquement.

Utiliser la valeur comptable comme unique valorisation

La valeur historique du capital ne reflète généralement pas la valeur économique d’une entreprise rentable. Une méthode documentée est nécessaire.

Reprendre les anciennes règles d’apport-cession

Pour les cessions relevant du nouveau texte à compter du 21 février 2026, raisonner avec 60 % de remploi sous deux ans peut conduire à perdre le report.

La référence est désormais, dans le cas général, 70 % sous trois ans avec cinq ans de conservation.

Négliger les associés et les contrats existants

Une clause d’agrément, de préemption ou de changement de contrôle peut bloquer l’opération ou déclencher un remboursement anticipé.

Choisir la vente uniquement pour sortir de l’argent

La vente crée une fiscalité immédiate et une dette. Elle doit être supportable par les flux futurs et répondre à une logique patrimoniale cohérente.

Confondre report et exonération

La plus-value d’apport existe et reste suivie fiscalement. Des événements ultérieurs peuvent déclencher son imposition.

Faire remonter toute la trésorerie de la filiale

La société opérationnelle doit conserver les ressources nécessaires à son besoin en fonds de roulement, ses investissements et ses obligations.

Réaliser l’opération sans coordination juridique et fiscale

Le traité d’apport, la valorisation, les statuts, le rapport du commissaire et les déclarations fiscales doivent raconter la même opération.

Des documents incohérents fragilisent l’ensemble du montage.

Checklist avant de créer la holding

  • [ ] L’objectif économique est formalisé et chiffré.
  • [ ] L’apport et la vente ont été comparés.
  • [ ] La société existante a été valorisée.
  • [ ] Les statuts et le pacte ont été relus.
  • [ ] Les clauses bancaires et commerciales ont été vérifiées.
  • [ ] La forme SASU, SAS, EURL ou SARL a été choisie selon le projet futur.
  • [ ] Le régime fiscal de la holding a été arrêté.
  • [ ] Le commissaire aux apports a été nommé si nécessaire.
  • [ ] La plus-value d’apport ou de cession a été simulée.
  • [ ] Le calendrier d’une éventuelle vente a été intégré.
  • [ ] Les nouvelles règles de remploi 2026 ont été prises en compte.
  • [ ] Les formalités relatives aux bénéficiaires effectifs sont prévues.

Ce qu’il faut retenir

Créer une holding après sa société est juridiquement possible et souvent pertinent lorsque l’entrepreneur veut réinvestir ses bénéfices, acquérir une autre entreprise ou structurer un groupe.

L’apport des titres constitue généralement la voie la plus naturelle : il interpose la holding sans exiger qu’elle finance un prix d’achat.

La vente peut dégager des liquidités personnelles, mais elle entraîne une fiscalité immédiate et une dette à rembourser.

En 2026, la préparation du calendrier est devenue encore plus importante. Lorsqu’une holding revend dans les trois ans des titres précédemment apportés, le maintien du report suppose désormais, pour les cessions relevant du nouveau texte, un remploi d’au moins 70 % sous trois ans et une conservation minimale de cinq ans.

La holding ne doit donc pas être créée à partir d’un modèle standard quelques jours avant une opération. Sa forme, sa valorisation, ses actes et sa stratégie de trésorerie doivent être conçus ensemble.

Avertissement : cet article fournit une information générale vérifiée au 7 août 2026. L’apport de titres, la vente à une holding contrôlée et l’application de l’article 150-0 B ter nécessitent une analyse personnalisée par un avocat fiscaliste et un expert-comptable.