Dominique Libault est mort le samedi 8 août 2026, selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Son décès a été annoncé publiquement le 11 août par plusieurs membres du gouvernement.

Derrière son profil de haut fonctionnaire se trouvait l’un des principaux experts français du financement de la protection sociale et de la perte d’autonomie.

Une carrière au cœur de la Sécurité sociale

Ancien élève de l’ENA, Dominique Libault rejoint la direction de la Sécurité sociale en 1987. Il en devient le directeur en 2002 et conserve cette fonction pendant dix ans.

Cette administration intervient au cœur du modèle social français : Assurance maladie, retraites, politique familiale, cotisations et financement des organismes comme l’Urssaf.

À partir de 2012, Dominique Libault dirige l’École nationale supérieure de Sécurité sociale, chargée de former les futurs cadres des organismes sociaux. Il devient également conseiller d’État et président du Haut Conseil du financement de la protection sociale.

Le rapport qui a préparé la branche autonomie

Son influence devient particulièrement visible en 2019 avec la publication du rapport Grand âge, le temps d’agir.

Ce document rassemble 175 propositions consacrées au maintien à domicile, aux métiers du grand âge, au financement de la dépendance et à la simplification des démarches.

Dominique Libault défend alors une idée structurante : la perte d’autonomie doit être reconnue comme un risque social à part entière.

En 2020, la cinquième branche de la Sécurité sociale consacrée à l’autonomie est créée. Les travaux de Dominique Libault sont considérés comme l’un des fondements de cette réforme.

Il remet ensuite, en 2022, un second rapport proposant de mieux coordonner les services destinés aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à leurs proches. Cette réflexion a contribué au déploiement du Service public départemental de l’autonomie à partir de 2025.

Un héritage toujours d’actualité

Dominique Libault laisse moins une réforme portant son nom qu’une architecture institutionnelle.

Vieillissement de la population, pénurie de professionnels, complexité des parcours et financement de la dépendance : les problèmes qu’il avait identifiés restent au centre du débat public.

Son héritage tient dans une conviction simple : la protection sociale ne peut rester solide qu’à condition d’anticiper les nouveaux risques et d’adapter son financement.