Reju a choisi Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, pour son projet français de recyclage chimique des textiles. Le site doit transformer des textiles post-consommation en rBHET, une matière première régénérée.

Reju a retenu Lacq pour sa première usine française

L’usine Reju Lacq est un projet localisé. L’annonce du 12 février 2026** désigne Lacq, sur la plateforme Induslacq, comme site d’implantation. Selon Technip Energies, Reju y prévoit un site de régénération à l’échelle industrielle.

Reju est détenue par Technip Energies, selon cette source.

Un projet localisé, mais encore incomplet sur ses paramètres économiques

Le montant exact de l’investissement n’est pas documenté dans le communiqué. L’Usine Nouvelle évoque un investissement potentiel de plusieurs centaines de millions d’euros.

Les sources examinées ne communiquent pas non plus les emplois attendus.

💡À retenir
  • Territoire confirmé : le site retenu se situe à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques.
  • Actionnaire identifié : Reju est détenue par Technip Energies.
  • Investissement : un montant potentiel de plusieurs centaines de millions d’euros est évoqué.
  • Emploi : aucun effectif attendu n’est documenté dans les sources disponibles.
  • Calendrier : construction et mise en service restent non précisées.

Comment l’usine Reju Lacq doit transformer les textiles

Le procédé annoncé repose sur la dépolymérisation, soit la décomposition chimique d’un polymère afin de récupérer des molécules réutilisables. À Lacq, l’installation doit employer la technologie propriétaire de Reju pour convertir des textiles post-consommation issus de flux nationaux de déchets en rBHET, selon Technip Energies.

Le rBHET est présenté comme une matière première régénérée. Pour le projet américain, L’Usine Nouvelle indique que cette matière peut ensuite être polymérisée de nouveau en polyéthylène téréphtalate, ou PET. Le rBHET est donc un intermédiaire industriel, distinct du textile collecté et du polymère final.

Une réserve s’impose sur la terminologie. Les sources divergent : l’article de L’Usine Nouvelle consacré au démonstrateur de Francfort emploie le terme « rBEHT », tandis que Technip Energies et l’article sur l’État de New York mentionnent « rBHET ». Les extraits disponibles ne permettent pas d’établir s’il s’agit d’une différence de produit ou d’une variation rédactionnelle.

Le point de vigilance : l’approvisionnement en matières

Le communiqué mentionne des flux nationaux de déchets textiles, sans préciser les volumes, l’origine des matières, ni les modalités de collecte et de prétraitement.

Francfort sert de démonstrateur avant le changement d’échelle

1 000 tonnes : c’est la capacité attribuée au démonstrateur de Francfort. Reju exploite en Allemagne cette usine pilote, présentée comme une étape de mise au point avant des implantations industrielles.

La trajectoire française correspond moins à une simple ouverture de site qu’au passage d’un démonstrateur à un projet industriel. Cette distinction importe pour les sous-traitants et partenaires potentiels. Une technologie testée à l’échelle pilote doit encore démontrer sa reproductibilité industrielle, la régularité de ses approvisionnements et sa capacité à trouver des débouchés pour la matière régénérée.

Trois constats se dégagent. D’abord, Lacq bénéficie d’un ancrage territorial explicite, tandis que le démonstrateur allemand remplit une fonction technique. Ensuite, les documents disponibles n’établissent pas la maturité financière du projet français. Enfin, l’expansion géographique ne remplace pas la validation des paramètres industriels propres à chaque site.

Une capacité annoncée à terme, mais sans périmètre comparable

Selon Sud Ouest, l’usine de Lacq devrait produire 50 000 tonnes de polyester à terme. La même source évoque plusieurs centaines de millions d’euros d’investissement. Ces éléments doivent être distingués du démonstrateur allemand et de la masse globale des textiles. Reju indique qu’environ 121 millions de tonnes de textiles sont générées chaque année, dont 1 % est recyclé en nouveaux vêtements, selon Technip Energies. Les périmètres diffèrent : la donnée mondiale concerne les textiles, tandis que la capacité annoncée à Lacq porte sur du polyester.

Une carte industrielle déjà dessinée entre France, Pays-Bas et États-Unis

Ces implantations ne se situent pas au même stade. En France, le site est sélectionné. Aux Pays-Bas, le programme NIKI a attribué 135 millions d’euros au projet de site de régénération de Chemelot Industrial Park, à Sittard-Geleen. Selon Technip Energies, ce financement couvre l’investissement et les opérations courantes. Il est présenté comme une étape vers la décision finale d’investissement.

Aux États-Unis, Reju a annoncé sa première installation américaine dans le parc d’activités d’Eastman, dans l’État de New York. Le projet est associé à un terrain de 7,6 hectares et à une capacité équivalente à 300 millions de déchets textiles traités par an.

Trois jalons, trois niveaux de preuve

La comparaison fournit une grille de lecture. Chemelot bénéficie d’un financement public identifié, qui ne constitue pas pour autant le coût total du projet. New York affiche une ambition de traitement, sans fournir dans les extraits un état d’avancement industriel comparable. La présence dans plusieurs pays ne signifie donc pas que les projets suivent le même calendrier.

Cette géographie soulève une question opérationnelle : comment Reju organisera-t-elle l’accès aux gisements de textiles et aux débouchés du polyester régénéré entre ces territoires ?

Ce que dirigeants et fournisseurs peuvent suivre maintenant

La perspective de Lacq intéresse les industriels des déchets, les opérateurs de tri, les producteurs de matières et les prestataires d’ingénierie. La prudence s’impose : l’industrialisation du recyclage chimique dépend de flux homogènes et d’investissements lourds.

🚀Plan d'action
  • Suivre la publication d’une éventuelle décision finale d’investissement pour Lacq.
  • Vérifier le calendrier des autorisations et de construction avant d’engager des capacités fournisseurs.
  • Distinguer les annonces de site, de financement et de mise en production.
  • Évaluer les exigences techniques liées aux flux de textiles post-consommation.
  • Demander la clarification de la capacité, des débouchés et des volumes d’approvisionnement.

Reju a franchi l’étape de la localisation française. Pour les fournisseurs et partenaires, la décision consiste donc à suivre les autorisations, le financement et les contrats d’approvisionnement avant de mobiliser des capacités.