Près d'un salarié sur dix.
C'est l'ampleur de la réduction d'effectifs que préparerait Legal & General, l'un des grands groupes britanniques de l'assurance, de la gestion d'actifs et de la retraite.
Selon une information de Bloomberg News reprise mercredi 23 septembre par Reuters, le groupe prévoit de réduire ses effectifs d'environ 10 %, soit près de 1 000 postes, d'ici le milieu de l'année 2027.
À ce stade, une précaution reste essentielle : Reuters précise ne pas avoir été en mesure de vérifier indépendamment l'information.
Mais si le projet se confirme, il constituerait une nouvelle étape importante dans la transformation engagée par António Simões à la tête de Legal & General.
Legal & General pourrait supprimer environ 1 000 emplois
Le chiffre est suffisamment important pour modifier sensiblement l'organisation du groupe.
D'après Reuters, citant Bloomberg News, Legal & General préparerait une diminution de ses effectifs représentant environ 10 % de sa main-d'œuvre.
Cela correspondrait à approximativement 1 000 emplois.
Le calendrier évoqué s'étend jusqu'à mi-2027.
Bloomberg rattache cette réduction au programme de rationalisation actuellement conduit par António Simões, directeur général du groupe.
L'information doit néanmoins rester présentée au conditionnel tant qu'elle n'est pas confirmée directement par Legal & General ou par une autre source indépendante.
Derrière les suppressions d'emplois, une stratégie de simplification
Le terme utilisé par Legal & General depuis plusieurs mois est particulièrement révélateur : simplification.
Dans son rapport annuel 2025, le groupe explique vouloir devenir une entreprise « growing, simpler and better-connected », autrement dit davantage concentrée sur ses activités stratégiques et disposant d'une organisation plus simple.
Le modèle est désormais structuré autour de trois grandes activités :
- la retraite institutionnelle ;
- la gestion d'actifs ;
- les activités destinées aux particuliers.
L&G indique également vouloir adopter une allocation du capital plus disciplinée et concentrer ses ressources sur les activités présentant le meilleur intérêt stratégique et financier.
Les éventuelles suppressions de postes doivent donc être replacées dans cette transformation beaucoup plus large du groupe.
Il ne s'agit pas uniquement d'une question de masse salariale.
Legal & General cherche à modifier son organisation, ses processus et la manière dont ses différentes activités fonctionnent ensemble.
Une restructuration alors que les résultats progressent
C'est probablement le point économique le plus intéressant de cette annonce.
Les suppressions d'emplois évoquées ne surviennent pas immédiatement après l'annonce d'un effondrement des résultats du groupe.
Au contraire.
Le 5 août 2026, Legal & General annonçait une progression de 7 % de son résultat opérationnel cœur au premier semestre.
Son bénéfice opérationnel cœur par action progressait de 11 %.
Dans la gestion d'actifs, les revenus liés aux commissions avaient également fortement progressé, avec une hausse de 37 % des fee-related earnings.
Le groupe faisait parallèlement état d'un ratio coûts/revenus de 71 % pour cette activité.
Dans son communiqué de résultats, António Simões résumait alors la stratégie en expliquant que L&G devenait une organisation plus simple et davantage concentrée.
Les résultats semestriels complets de Legal & General sont disponibles sur le site du groupe.Cette situation change la lecture d'un éventuel plan de réduction d'effectifs.
Une restructuration n'intervient pas nécessairement parce qu'une entreprise est en situation de crise.
Elle peut également servir à augmenter les marges, simplifier une organisation ou réallouer des ressources vers les métiers considérés comme prioritaires.
La finance européenne entre dans une nouvelle phase de rationalisation
Le cas Legal & General illustre une problématique de plus en plus importante pour les grandes entreprises financières : comment augmenter simultanément croissance, productivité et rentabilité ?
Les groupes financiers disposent souvent d'organisations complexes, construites progressivement autour de nombreux produits, systèmes informatiques, marchés et fonctions centrales.
À mesure que la pression sur les coûts augmente, chaque étage de cette organisation peut être réexaminé.
Cela peut passer par :
- la réduction des fonctions dupliquées ;
- l'automatisation de certains processus ;
- la mutualisation technologique ;
- la centralisation de fonctions support ;
- la simplification des structures hiérarchiques ;
- la cession d'activités considérées comme non stratégiques ;
- ou des réductions directes d'effectifs.
Legal & General a d'ailleurs créé début septembre un poste de Group Chief Technology, Data and Innovation Officer, regroupant sous une même direction la technologie, la donnée, l'intelligence artificielle et les plateformes.
Le groupe indique explicitement que ces domaines sont centraux dans la prochaine phase de sa transformation.
Cela ne permet toutefois pas d'établir que l'intelligence artificielle serait responsable des suppressions d'emplois rapportées par Bloomberg. Aucun élément public consulté ne permet actuellement d'établir ce lien.
Cette distinction est importante.
La transformation technologique et une réduction d'effectifs peuvent se dérouler simultanément sans que l'une soit nécessairement la cause directe de l'autre.
1 000 suppressions de postes : pourquoi le chiffre est important
Une réduction d'environ 10 % des effectifs ne correspond plus à quelques ajustements ponctuels.
À cette échelle, une entreprise modifie nécessairement une partie de son organisation.
Les prochaines informations seront donc importantes pour déterminer :
- quelles activités seront concernées ;
- quels pays supporteront l'essentiel des suppressions ;
- quels métiers seront visés ;
- quelle proportion passera par des départs naturels ou volontaires ;
- quelles économies L&G espère obtenir ;
- si certaines fonctions seront automatisées, externalisées ou simplement supprimées.
À ce stade, ces éléments ne sont pas suffisamment documentés publiquement pour être présentés comme établis.
Le nombre brut de suppressions de postes ne permettra donc pas, à lui seul, d'évaluer la portée réelle du projet.
Des restructurations qui dépassent largement la finance
La réduction des coûts et la simplification organisationnelle touchent actuellement de nombreux grands groupes européens.
En France, Sodexo prévoit par exemple jusqu'à 1 097 suppressions de postes dans le cadre de sa transformation stratégique.
Les situations ne sont pas directement comparables.
Mais elles illustrent une même question pour les grandes organisations : jusqu'où simplifier leur structure pour améliorer leur rentabilité sans dégrader leurs capacités opérationnelles ?
Entreprisma suit ces mouvements dans son dossier consacré aux restructurations, acquisitions, investissements et transformations des entreprises.
Technologie et productivité deviennent centrales dans la finance
La transformation de Legal & General doit également être observée dans le contexte de l'accélération technologique du secteur financier.
Automatisation, intelligence artificielle, exploitation des données et modernisation des systèmes informatiques occupent désormais une place croissante dans les stratégies des banques, assureurs et gestionnaires d'actifs.
Pour ces acteurs, la technologie ne représente plus seulement un investissement informatique.
Elle devient une variable directe de productivité.
Cela ne signifie pas automatiquement moins d'emplois.
Mais cela modifie progressivement la manière dont les entreprises arbitrent entre recrutement, capital technologique, externalisation et automatisation.
Le véritable indicateur sera la structure du plan
Le chiffre de 1 000 emplois attire naturellement l'attention.
Mais pour comprendre réellement ce que prépare Legal & General, il faudra surtout observer la structure de la restructuration.
Une suppression concentrée sur quelques fonctions administratives n'aurait pas les mêmes conséquences qu'une réduction touchant massivement les métiers de la gestion d'actifs ou de la relation client.
De même, un plan reposant principalement sur le non-remplacement de départs naturels serait très différent d'une vague rapide de licenciements.
Pour l'instant, l'information principale reste donc simple :
Legal & General pourrait réduire environ 10 % de ses effectifs d'ici mi-2027 dans le cadre de la transformation menée par António Simões.Mais le contexte financier du groupe rend cette restructuration particulièrement intéressante.
L&G cherche actuellement à améliorer ses performances tout en simplifiant son modèle.
Si les suppressions de postes sont confirmées, elles montreront qu'une entreprise n'a plus besoin d'être en difficulté pour lancer une restructuration de grande ampleur.
La recherche de productivité peut désormais suffire à la déclencher.
