Le recrutement des PME en septembre 2026 envoie un nouveau signal de ralentissement. Selon le baromètre Grant Thornton relayé par Challenges, 12 % des dirigeants interrogés prévoient de réduire leurs effectifs, contre seulement 9 % qui envisagent de les augmenter. Un contraste marqué avec la confiance affichée par les chefs d’entreprise : 76 % restent optimistes pour leur propre société.
La rentrée 2026 confirme un changement de climat sur le marché du travail français.
Selon le dernier baromètre de confiance des dirigeants Grant Thornton, relayé par Challenges ce 17 septembre 2026, 12 % des entreprises interrogées envisagent de réduire leurs effectifs, tandis que seulement 9 % prévoient de les augmenter.
Le rapport de force s’inverse donc : les entreprises anticipant une baisse de leurs effectifs sont désormais plus nombreuses que celles envisageant de recruter davantage.
Pour les PME et ETI, ce signal traduit surtout une montée de la prudence après plusieurs mois de ralentissement des intentions d’embauche.
Recrutement PME en septembre 2026 : les intentions se dégradent
Le différentiel reste limité, mais sa direction est significative.
Avec 12 % d’intentions de réduction d’effectifs contre 9 % d’intentions de hausse, le solde devient négatif.
La majorité des dirigeants ne prévoit toutefois ni campagne massive de recrutement ni vague importante de suppressions de postes. Le scénario dominant reste celui d’une stabilisation des équipes existantes.
Cette évolution prolonge une tendance déjà observée quelques mois auparavant.
En juin 2026, Grant Thornton constatait déjà un essoufflement de l’emploi dans les PME et ETI.
À cette période, 12 % des entreprises interrogées envisageaient encore d’augmenter leurs effectifs, contre 11 % qui prévoyaient une réduction.
En septembre, la situation s’est inversée.
76 % des dirigeants restent confiants dans leur entreprise
C’est probablement le chiffre le plus intéressant du baromètre de confiance des dirigeants de septembre 2026.
Malgré cette prudence croissante concernant l’emploi, 76 % des dirigeants interrogés se déclarent confiants dans les perspectives de leur propre entreprise.
Le ralentissement du recrutement ne traduit donc pas nécessairement une perte de confiance dans l’activité.
Il révèle plutôt une modification des arbitrages.
Les dirigeants peuvent continuer à anticiper une activité correcte tout en limitant leurs nouvelles embauches afin de maîtriser :
- leur masse salariale ;
- leurs coûts fixes ;
- leur trésorerie ;
- leur besoin en fonds de roulement ;
- leur exposition à un ralentissement économique ;
- leur niveau de productivité par salarié.
Pour une PME, recruter représente un engagement financier durable. Dans un environnement économique moins lisible, certaines entreprises préfèrent donc attendre avant de renforcer leurs équipes.
Les entreprises françaises prévoient déjà moins de recrutements en 2026
Le signal envoyé par le baromètre Grant Thornton s’inscrit dans une tendance plus large.
Selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail, les entreprises françaises prévoyaient environ 2,28 millions de projets de recrutement en 2026, soit une baisse de 6,5 % par rapport à 2025.
Cette diminution concerne plusieurs grands secteurs de l’économie.
Dans le même temps, les difficultés à recruter restent importantes.
Une part significative des projets d’embauche est toujours considérée comme difficile par les employeurs.
Le marché du travail français se retrouve donc face à un paradoxe : les entreprises veulent globalement moins recruter, mais continuent à avoir du mal à trouver certains profils lorsqu’elles décident d’embaucher.
Entreprisma analyse régulièrement cette transformation du marché de l’emploi et des stratégies de recrutement des entreprises.
PME et ETI : le recrutement devient plus sélectif
Le ralentissement des intentions d’embauche ne signifie pas une disparition des recrutements.
Il pourrait surtout provoquer une concentration des embauches sur les fonctions considérées comme stratégiques.
Les entreprises pourraient notamment continuer à privilégier les métiers liés :
- au développement commercial ;
- à la production ;
- aux compétences techniques rares ;
- à l’intelligence artificielle ;
- à l’automatisation ;
- à la cybersécurité ;
- à la transformation numérique ;
- aux fonctions directement génératrices de chiffre d’affaires.
À l’inverse, les recrutements considérés comme moins urgents peuvent plus facilement être reportés.
Cette stratégie traduit une évolution importante : le recrutement devient progressivement un investissement à justifier poste par poste, et non plus automatiquement une conséquence de la croissance.
L’intelligence artificielle renforce aussi les arbitrages sur les effectifs
Cette prudence intervient également au moment où de nombreuses entreprises réévaluent leur organisation avec l’arrivée de nouveaux outils d’intelligence artificielle.
L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer des postes, mais de déterminer quelles tâches peuvent être automatisées et quelles compétences doivent être renforcées.
Cette évolution participe à la transformation plus large de l’intelligence artificielle dans les entreprises.
Pour certaines PME, augmenter la productivité des équipes existantes peut désormais apparaître plus intéressant à court terme que créer immédiatement de nouveaux postes.
Les décisions de recrutement pourraient donc être de plus en plus liées aux gains de productivité attendus.
Que signifie ce retournement pour les dirigeants ?
Pour les chefs d’entreprise, le contexte actuel impose principalement de surveiller trois variables :
- Le niveau réel d’activité
- La productivité des équipes
- Le coût total du recrutement
Un recrutement génère bien davantage que le simple paiement d’un salaire.
Il faut intégrer les cotisations, l’intégration, la formation, le matériel, les logiciels, les coûts administratifs et le risque associé à une éventuelle baisse d’activité.
Dans ce contexte, de nombreuses PME pourraient privilégier des embauches directement associées à un retour sur investissement identifiable.
La question n’est donc plus simplement :
« Faut-il recruter ? »
Mais plutôt :
« Quel recrutement est suffisamment stratégique pour être réalisé maintenant ? »
Une rentrée 2026 marquée par l’attentisme sur l’emploi
Le baromètre Grant Thornton ne permet pas de conclure à une vague généralisée de suppressions d’emplois.
Le signal est néanmoins notable.
Les dirigeants interrogés envisageant une réduction de leurs effectifs sont désormais plus nombreux que ceux prévoyant de les augmenter.Le contraste avec les 76 % de dirigeants confiants dans leur propre entreprise montre surtout que la prudence sur l’emploi ne correspond pas nécessairement à une crise de confiance.
Les PME et ETI semblent davantage chercher à sécuriser leurs structures avant de relancer leurs recrutements.
À la rentrée 2026, le marché du travail pourrait donc être caractérisé moins par un arrêt brutal des embauches que par une sélection beaucoup plus stricte des nouveaux postes.
Pour les entreprises comme pour les candidats, cette évolution pourrait durablement transformer les stratégies de recrutement au cours des prochains mois.
