Christophe Fanichet prendra ses fonctions le 1er décembre
Dans son communiqué officiel sur la nomination, Eurostar précise que Matthieu Quyollet assurera la direction générale par intérim jusqu’à l’arrivée du nouveau dirigeant.
Christophe Fanichet a présidé SNCF Voyageurs de janvier 2020 à juillet 2026. Il siège également au conseil d’administration d’Eurostar Group depuis 2022.
Gwendoline Cazenave quitte l’entreprise après quatre années durant lesquelles Eurostar et Thalys ont été réunis sous une marque unique. La nouvelle direction doit désormais mettre en œuvre les projets engagés.
Celestia : 30 trains commandés et 20 en option
Le programme industriel constitue un élément central de cette prochaine étape. Annoncée en octobre 2025, la commande Celestia porte sur 30 rames fermes et une option pour 20 supplémentaires.
Eurostar présente un investissement global de 2 milliards d’euros pour cette nouvelle flotte. Les trains à deux niveaux seront conçus à partir de la plateforme Avelia Horizon d’Alstom.
| Projet | Situation annoncée |
|---|---|
| Commande ferme | 30 trains Celestia |
| Option supplémentaire | 20 trains |
| Premiers services commerciaux | À partir de mai 2031 |
| Développement du réseau | Nouvelles destinations envisagées, notamment Genève et Francfort |
La commande ne date donc pas de la nomination de Christophe Fanichet. Son enjeu sera d’accompagner l’exécution de ce programme dans la durée.
Ces investissements prolongent la dynamique industrielle étudiée dans notre article sur le contrat d’Alstom pour des trains à batterie au Royaume-Uni.
Capacité et concurrence : les enjeux commerciaux
Notre lecture stratégique distingue trois leviers : proposer suffisamment de places, desservir des destinations utiles et maintenir une offre fiable.
Une nouvelle flotte peut ouvrir des possibilités de croissance. Mais le nombre de trains commandés ne se traduit pas immédiatement par une hausse équivalente de la capacité disponible : le calendrier des livraisons, le remplacement de rames et l’organisation des services comptent aussi.
L’extension du réseau doit ensuite trouver son équilibre économique. Une liaison supplémentaire implique des dépenses, des moyens opérationnels et une demande suffisante pour soutenir son exploitation.
Pour évaluer la prochaine étape d’Eurostar, il faudra donc observer les services réellement ouverts, les fréquences proposées et leur utilisation. Les projets annoncés donnent une direction ; leur exécution déterminera les résultats.
Les infrastructures constituent un autre élément de cette équation, abordé dans notre analyse du financement du ferroviaire en France.
Les entreprises, une clientèle ciblée par Eurostar
La stratégie commerciale ne repose pas uniquement sur les trains. Eurostar a également présenté en septembre 2026 une évolution de son offre destinée aux entreprises.
Son Corporate Programme prévoit deux niveaux :
| Niveau | Seuil de dépenses annuelles annoncé | Offre présentée |
|---|---|---|
| Niveau 1 | 50 000 euros ou livres sterling | Tarifs préférentiels et flexibilité |
| Niveau 2 | 150 000 euros ou livres sterling | Accompagnement dédié et avantages supplémentaires |
Ces montants correspondent à des seuils de dépenses pour accéder aux niveaux du programme. Ils ne constituent pas le prix d’un billet ou d’un abonnement.
L’opérateur met aussi en avant l’intégration de ses offres dans les outils de réservation professionnels. Il annonce pour 2027 de nouvelles possibilités d’export des données de voyage sur Eurostar for Business.
Ce que les voyageurs professionnels peuvent attendre
Pour une entreprise cliente, l’intérêt d’une offre ferroviaire se mesure au déplacement complet : horaires, trajet jusqu’à la gare, souplesse de réservation, gestion des changements et suivi des dépenses.
Notre analyse est que la croissance commerciale dépendra aussi de cette simplicité d’usage. Une liaison attractive sur le papier doit pouvoir être réservée, modifiée et intégrée à l’organisation des équipes.
La nomination ne s’accompagne pas, dans le communiqué du 2 novembre, d’une annonce de baisse générale des prix. La prochaine phase doit être appréciée à partir des investissements, des dessertes et des services effectivement déployés.
