À retenir : à la fin du mois de mars 2026, environ 2 millions de cartes SIM étaient encore installées dans des équipements exclusivement compatibles avec la 2G. Plusieurs millions d’autres dépendaient de la 2G ou de la 3G.
Extinction de la 2G en France : Orange commence par Nice
L’extinction de la 2G en France en 2026 entre dans une phase décisive. Après plusieurs expérimentations locales, Orange débute ce 22 septembre à Nice la généralisation de l’arrêt de son réseau historique.
Le calendrier communiqué par l’opérateur prévoit ensuite deux vagues principales :
- 22 septembre 2026 : extinction de la 2G à Nice ;
- 6 octobre 2026 : arrêt dans 44 départements ;
- 20 octobre 2026 : arrêt dans 43 départements supplémentaires ;
- du 1er au 15 décembre 2026 : traitement des dernières zones relevant du dispositif de couverture ciblée.
Orange prévoit ensuite de fermer son réseau 3G en 2028. Les autres opérateurs ont adopté des calendriers proches.
| Opérateur | Extinction prévue de la 2G | Extinction prévue de la 3G |
|---|---|---|
| Orange | Septembre à décembre 2026 | 2028 |
| SFR | 15 novembre 2026 | Fin 2028 |
| Bouygues Telecom | Pilotes le 15 novembre, puis généralisation du 1er au 15 décembre 2026 | Fin 2029 |
| Free Mobile | Dépend du réseau 2G d’Orange | Calendrier propre à la 3G |
Les entreprises ne doivent donc pas uniquement vérifier leur opérateur principal. Certains équipements utilisent une carte SIM fournie par un prestataire, un mainteneur ou un intégrateur, sans que le client final connaisse nécessairement le réseau mobile sous-jacent.
Combien d’équipements sont encore dépendants de la 2G ?
Les derniers chiffres publiés par l’Arcep montrent que la dépendance aux anciens réseaux reste importante.
À la fin du mois de mars 2026, l’autorité recensait :
- 1,22 million de cartes SIM dans des téléphones ou tablettes compatibles uniquement avec la 2G ;
- 910 000 cartes SIM dans des téléphones ou tablettes limités à la 2G et à la 3G ;
- 780 000 cartes SIM M2M dans des objets connectés exclusivement compatibles avec la 2G ;
- 1,62 million de cartes SIM M2M dans des objets fonctionnant uniquement en 2G ou en 3G.
Au total, environ 4,53 millions de cartes SIM étaient donc encore associées à des terminaux incapables d’utiliser la 4G ou la 5G.
Tous ces équipements ne deviendront pas immédiatement inutilisables lors de l’arrêt de la 2G : ceux qui prennent également en charge la 3G pourront continuer à fonctionner jusqu’à l’extinction de ce second réseau. En revanche, près de 2 millions de cartes SIM exclusivement 2G sont directement exposées aux fermetures de 2026.
Les statistiques relatives aux objets connectés ne comprennent par ailleurs pas toutes les cartes SIM installées par les constructeurs automobiles. Le nombre réel d’équipements concernés pourrait donc être supérieur.
Alarmes, ascenseurs, chauffage : les équipements à contrôler
La fin de la 2G ne concerne pas seulement les anciens téléphones mobiles. Dans les entreprises, cette technologie est encore présente dans de nombreux équipements techniques peu visibles.
Alarmes et systèmes de télésurveillance
Certaines centrales d’alarme utilisent une carte SIM 2G pour transmettre une alerte lorsque la connexion filaire est indisponible. Après l’extinction du réseau, une alarme peut continuer à se déclencher localement tout en étant incapable de contacter le centre de télésurveillance.
Il faut donc contrôler :
- les centrales d’alarme intrusion ;
- les dispositifs d’alerte incendie connectés ;
- les systèmes de télésurveillance ;
- les transmetteurs GSM de secours ;
- les équipements de contrôle d’accès.
Cette vérification doit s’intégrer à une démarche plus globale de sécurité opérationnelle dans les PME.
Téléphones d’urgence dans les ascenseurs
Les systèmes d’appel d’urgence installés dans les ascenseurs utilisent fréquemment un module GSM. Lorsqu’il est limité à la 2G, ce module risque de ne plus établir de communication après la fermeture du réseau.
Les entreprises doivent contacter leur ascensoriste pour connaître :
- la technologie utilisée par le transmetteur ;
- l’opérateur associé à la carte SIM ;
- la compatibilité avec la 4G et la voix sur 4G ;
- la date prévue pour son remplacement ;
- le fonctionnement de la batterie de secours après modification.
Terminaux de paiement électronique
Les terminaux de paiement mobiles ou autonomes les plus anciens peuvent encore transmettre les transactions en 2G ou en 3G. Selon Orange Pro, ces équipements doivent être remplacés par des modèles compatibles avec les réseaux récents.
Une interruption peut avoir des conséquences immédiates :
- impossibilité d’encaisser certains clients ;
- allongement des files d’attente ;
- perte de chiffre d’affaires ;
- recours à des procédures manuelles moins fiables ;
- déplacement urgent d’un technicien.
Les commerces, restaurants, professionnels itinérants et entreprises de livraison doivent vérifier leurs terminaux sans attendre la date d’arrêt locale.
Chauffage, eau et gestion technique des bâtiments
Des automates 2G sont encore utilisés pour piloter ou surveiller :
- les chaudières collectives ;
- les installations de chauffage ;
- les pompes et réservoirs ;
- les compteurs ;
- les systèmes de ventilation ;
- les chambres froides ;
- les installations de traitement de l’eau.
Le risque ne réside pas toujours dans l’arrêt complet de la machine. Un équipement peut continuer à fonctionner localement tout en cessant de transmettre ses alertes, ses mesures ou ses données de maintenance.
Véhicules et gestion de flotte
Les boîtiers de géolocalisation, traceurs antivol, dispositifs d’assistance et outils de suivi de flotte peuvent également dépendre de la 2G.
Les véhicules récents utilisent généralement des technologies plus modernes, mais l’ancienneté du véhicule ne suffit pas pour conclure. Un boîtier ajouté après l’achat peut être technologiquement plus ancien que le véhicule lui-même.
Interphones, capteurs et objets connectés industriels
Les interphones, visiophones, distributeurs automatiques, panneaux d’affichage, capteurs de température ou automates industriels font également partie des équipements à inventorier.
Dans l’industrie, cette vérification doit accompagner la modernisation numérique des PME industrielles, car le changement de connectivité peut nécessiter une adaptation du système d’information ou de la plateforme de supervision.
Un téléphone 4G peut-il être concerné ?
Oui. La présence du logo « 4G » ne garantit pas toujours que toutes les fonctions du téléphone utilisent ce réseau.
Certains appareils anciens accèdent à Internet en 4G, mais repassent en 2G ou en 3G pour les appels vocaux. Ils doivent prendre en charge la technologie VoLTE, qui permet de faire passer la voix sur le réseau 4G.
Il convient de vérifier trois éléments :
- la compatibilité VoLTE du téléphone ;
- l’activation de cette fonction dans les réglages ;
- sa prise en charge par l’opérateur et par l’abonnement utilisé.
L’Arcep recommande aux entreprises de consulter leur opérateur ou leur fournisseur lorsque cette information n’apparaît pas clairement dans la documentation.
Quels risques pour les entreprises ?
L’extinction de la 2G n’est pas seulement un changement de réseau. Elle peut révéler une dépendance technique oubliée et provoquer un incident opérationnel.
Une perte silencieuse de communication
Le principal danger est qu’un équipement semble continuer à fonctionner alors que sa liaison distante est interrompue. Une chaudière peut encore chauffer, mais ne plus transmettre d’alerte. Une alarme peut émettre une sirène, mais ne plus joindre le télésurveilleur.
Sans test réel, la panne peut rester invisible jusqu’au moment où l’équipement devient indispensable.
Des interventions en urgence plus coûteuses
Remplacer plusieurs centaines de modems, boîtiers ou terminaux demande du temps. Les entreprises qui attendent les derniers jours risquent de subir :
- une disponibilité réduite des installateurs ;
- des délais d’approvisionnement ;
- des interventions dispersées sur plusieurs sites ;
- des coûts de déplacement supplémentaires ;
- une migration insuffisamment testée.
Le problème est particulièrement sensible pour les réseaux de magasins, les copropriétés, les industriels et les entreprises disposant d’une flotte de véhicules.
Un nouveau point de vigilance en cybersécurité
Un équipement ancien peut aussi utiliser un logiciel qui n’est plus maintenu. La migration constitue donc une occasion de remplacer les systèmes obsolètes et d’améliorer leur protection.
Une carte SIM 4G ne suffit cependant pas à sécuriser un objet connecté. L’entreprise doit également vérifier les mots de passe, les mises à jour, le chiffrement, les accès distants et la gestion des comptes techniques. Ces contrôles peuvent être intégrés à un plan de cybersécurité pour PME.
La checklist d’audit à appliquer immédiatement
Les entreprises peuvent réaliser un premier diagnostic en quelques étapes.
1. Recenser tous les équipements équipés d’une carte SIM
L’inventaire doit dépasser le parc de téléphones. Il faut interroger les responsables des bâtiments, de la sécurité, de la maintenance, des achats, des véhicules et des systèmes d’information.
Pour chaque équipement, relevez :
- sa fonction ;
- sa localisation ;
- son fabricant ;
- son prestataire de maintenance ;
- le numéro de la carte SIM ;
- l’opérateur utilisé ;
- la technologie compatible ;
- son niveau de criticité.
2. Rechercher les mentions techniques
Les termes suivants peuvent signaler une dépendance à un ancien réseau :
- GSM ;
- GPRS ;
- EDGE ;
- 2G ;
- UMTS ;
- HSPA ;
- 3G.
La mention « 4G » ou « LTE » doit être confirmée, notamment lorsque l’équipement utilise des appels vocaux.
3. Contacter les fournisseurs
Pour chaque appareil incertain, demandez au fabricant ou au mainteneur une réponse écrite :
- L’équipement est-il compatible 4G ?
- Utilise-t-il la VoLTE pour les appels ?
- Peut-il recevoir une mise à jour ?
- Faut-il remplacer le modem ou l’appareil complet ?
- Quel réseau alternatif est recommandé ?
- Comment le fonctionnement sera-t-il testé après migration ?
4. Classer les équipements par criticité
| Priorité | Type d’équipement | Action recommandée |
|---|---|---|
| Critique | Alarmes, ascenseurs, sécurité, chauffage, paiement | Vérification et test immédiats |
| Élevée | Véhicules, production, froid, gestion de l’eau | Migration planifiée avant l’arrêt local |
| Modérée | Capteurs non essentiels, anciens téléphones secondaires | Remplacement intégré au renouvellement du parc |
5. Choisir la technologie de remplacement
Selon l’usage, plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- 4G ou 5G pour les terminaux mobiles ;
- VoLTE pour les communications vocales ;
- LTE-M ou NB-IoT pour certains objets connectés à faible débit ;
- Ethernet, fibre ou Wi-Fi pour les installations fixes ;
- liaison principale et connexion de secours pour les fonctions critiques.
Le choix doit tenir compte de la couverture, de l’autonomie, du débit, de la durée de vie attendue et du calendrier futur d’extinction de la 3G.
6. Tester le fonctionnement de bout en bout
Une simple connexion au réseau ne suffit pas. Le test doit confirmer que l’information arrive bien jusqu’à son destinataire final :
- appel reçu par le centre de télésurveillance ;
- alerte remontée dans le logiciel de supervision ;
- paiement accepté ;
- position du véhicule actualisée ;
- notification transmise au responsable ;
- dispositif de secours opérationnel.
7. Documenter la migration
Conservez la preuve des tests, la nouvelle référence du matériel, le contact du prestataire et la date de mise en service. Cette documentation facilitera les audits, la maintenance et les prochaines évolutions du réseau.
La fin de la 2G va-t-elle créer des zones blanches ?
Pour les utilisateurs disposant d’un terminal compatible, l’Arcep estime que l’extinction de la 2G ne devrait pas dégrader de manière significative la couverture globale.
Selon le régulateur, 99,8 % des sites équipés en 2G ou en 3G disposent également de la 4G, tandis que la couverture 4G dépasse 99,9 % de la population.
Le principal risque ne vient donc pas d’une disparition générale du réseau mobile, mais de l’incompatibilité des appareils, de l’absence de VoLTE ou d’une couverture intérieure insuffisante dans certains bâtiments.
Une vérification sur site reste indispensable pour les caves, locaux techniques, parkings souterrains, ascenseurs et installations isolées.
Pourquoi les opérateurs ferment-ils la 2G ?
Lancée en France dans les années 1990, la 2G est devenue coûteuse à maintenir parallèlement aux réseaux 3G, 4G et 5G.
Son extinction doit permettre aux opérateurs :
- de réutiliser les fréquences pour des technologies plus récentes ;
- de réduire la consommation énergétique des réseaux ;
- de simplifier les opérations de maintenance ;
- d’améliorer les performances disponibles ;
- de retirer des équipements anciens et moins bien protégés.
Pour les entreprises, cette modernisation peut apporter une connectivité plus rapide et plus durable. Mais les bénéfices n’existent que si les équipements obsolètes ont été identifiés avant la coupure.
Notre analyse : la 2G révèle une dette technique invisible
La fermeture de la 2G illustre une faiblesse fréquente dans les entreprises : les équipements techniques sont parfois exclus de l’inventaire informatique.
Un téléphone ou un ordinateur est généralement suivi. Un transmetteur d’alarme, un modem d’ascenseur ou un capteur installé dix ans plus tôt peut en revanche rester oublié jusqu’à sa panne.
L’enjeu dépasse donc le remplacement de quelques cartes SIM. Les entreprises doivent créer un inventaire durable de leurs objets connectés, avec leur technologie, leur prestataire, leur criticité et leur date de fin de support.
Cette méthode permettra d’anticiper non seulement la fin de la 2G, mais aussi celle de la 3G à partir de 2028. Les entreprises qui doivent financer un renouvellement important peuvent également consulter les aides à la transition numérique disponibles pour les PME.
Pour conclure
L’extinction de la 2G en France en 2026 ne provoquera pas une panne généralisée des communications mobiles. Elle peut en revanche rendre inutilisables des équipements anciens dont les entreprises ont parfois oublié l’existence.
Les échéances sont désormais très proches. La priorité consiste à inventorier les cartes SIM, interroger les fournisseurs, tester les fonctions critiques et planifier les remplacements avant la date d’arrêt de chaque opérateur.
Pour une alarme, un ascenseur, un terminal de paiement ou un système de chauffage, découvrir l’incompatibilité après la coupure coûtera presque toujours plus cher qu’un audit réalisé aujourd’hui.
