Un procès consacré aux organisateurs et aux intermédiaires présumés

Selon les informations rapportées par Le Parisien, les poursuites concernent notamment la complicité de fraude fiscale, le blanchiment en bande organisée et l’association de malfaiteurs.

Le dossier porte sur les activités de Jawer, structure initialement installée en Suisse, puis sur celles de Helin aux Émirats arabes unis.

Tableau : Repère, Situation au 3 novembre 2026
RepèreSituation au 3 novembre 2026
Ouverture du procès2 novembre 2026
JuridictionTribunal correctionnel de Paris, 32e chambre
Personnes comparaissant13 personnes physiques et 3 sociétés
Fin des audiences prévue3 décembre 2026

La date de fin des audiences ne doit pas être présentée comme celle d’un verdict déjà annoncé.

Quels mécanismes sont reprochés dans les Dubaï Papers ?

L’AFP rapporte trois mécanismes reprochés par l’accusation.

  • Des sociétés offshore, pour dissimuler des avoirs.
  • Des factures fictives ou surévaluées, pour réduire la base imposable d’entreprises.
  • Des liquidités et cartes prépayées, pour remettre des fonds aux clients.

Ces éléments constituent les mécanismes reprochés dans le dossier. Leur existence, leur portée et l’implication de chaque prévenu sont examinées à l’audience.

Pourquoi le rôle des intermédiaires est central

Le procès concerne plusieurs fonctions : direction de l’organisation, exécution des opérations et apport d’affaires. Des professionnels du droit et du chiffre figurent parmi les personnes poursuivies.

Pour comprendre les responsabilités examinées, il faut distinguer le rôle attribué à une personne, sa connaissance des opérations et les actes qui lui sont reprochés.

Présenter un client, préparer un document et organiser un transfert ne décrivent pas la même intervention. L’analyse doit rester individuelle : le statut professionnel d’un prévenu ne suffit pas, à lui seul, à résumer son rôle ou à établir sa culpabilité.

200 millions d’euros d’actifs et 54 millions d’impôts : deux chiffres différents

L’AFP rapporte deux montants avancés par l’accusation :

Tableau : Montant, Ce qu’il désigne
MontantCe qu’il désigne
Plus de 200 millions d’eurosDes actifs qui auraient été gérés et dissimulés pour des résidents fiscaux français
Au moins 54 millions d’eurosDes impôts auxquels les faits poursuivis auraient permis d’échapper entre 2007 et 2018
Les actifs dissimulés et les impôts présumés éludés ne mesurent pas la même chose. Aucun de ces montants ne doit être présenté comme une amende déjà prononcée dans ce procès.

Une enquête nourrie par une fuite de documents

Selon l’AFP, des documents internes ont été transmis anonymement au PNF sur une clé USB en 2019.

Ces pièces nourrissent le dossier, mais le récit judiciaire doit aussi intégrer les positions de la défense.

L’avocat d’Henri de Croÿ demande notamment de délimiter ce que son client savait et ce qui relève de sa responsabilité.

D’autres mis en cause ont déjà été condamnés dans des procédures distinctes. Ces décisions ne préjugent pas de la responsabilité des prévenus actuellement jugés.

Fraude fiscale et blanchiment : que distingue la justice ?

La fraude fiscale porte sur le fait de se soustraire illégalement à l’impôt. Le blanchiment vise notamment la justification mensongère de l’origine de fonds issus d’une infraction, ou la participation à leur placement, leur dissimulation ou leur conversion.

Cette définition figure à l’article 324-1 du Code pénal.

Dans le dossier des Dubaï Papers, le tribunal examine les faits poursuivis et leur qualification pour chaque prévenu. Les personnes jugées bénéficient de la présomption d’innocence.

La distinction entre une enquête, une mesure judiciaire et une condamnation se retrouve également dans notre analyse de la saisie d’avoirs visant McKinsey, dans un dossier distinct.

Notre dossier Impôts et réglementation rassemble les autres décryptages fiscaux d’Entreprisma.