La Direction générale des Entreprises et Hub France IA ont sélectionné 88 fournisseurs capables d’accompagner les PME et ETI. Le catalogue simplifie la recherche d’une solution d’IA, mais ne dispense ni de tester son utilité ni d’auditer le prestataire.

L’intelligence artificielle devient plus accessible aux entreprises françaises, mais le marché reste illisible. Entre les copilotes généralistes, les agents métiers et les promesses de gains spectaculaires, choisir un fournisseur peut prendre davantage de temps que définir le projet lui-même.

Pour réduire cette friction, la Direction générale des Entreprises (DGE) et Hub France IA ont publié le 30 juillet 2026 un catalogue de 88 entreprises proposant des solutions opérationnelles aux PME et ETI. Treize régions métropolitaines et les Outre-mer sont représentés.

Des outils pour la finance, l’industrie, la vente et la connaissance

La liste ne se limite pas aux assistants conversationnels. Elle rassemble des plateformes de recherche dans les données internes, des copilotes commerciaux, des solutions d’analyse documentaire, des outils de réponse aux appels d’offres, des systèmes de contrôle qualité industriel, des logiciels de formation et des agents vocaux pour la relation client.

La majorité des offres sont présentées comme déployables sans équipe de data scientists, en mode SaaS, no-code ou clé en main. Le catalogue complet devient ainsi un point de départ concret pour une entreprise qui connaît déjà son besoin : réduire le temps de traitement des contrats, fiabiliser les prévisions financières, automatiser des commandes ou mieux exploiter sa documentation.

Ce que la sélection publique garantit

Les candidats devaient placer l’IA au cœur de leur offre, présenter un ancrage européen significatif, répondre aux contraintes des PME et ETI et justifier de déploiements auprès de cette cible. Les simples cabinets de conseil et les logiciels généralistes dotés d’une fonctionnalité d’IA accessoire étaient exclus, selon le cahier de sélection de l’appel à manifestation d’intérêt.

Le référencement apporte donc un premier filtre : la solution existe, vise réellement les entreprises et dispose de références clients. C’est utile dans un marché où de nombreuses offres restent au stade de la démonstration.

Ce que le catalogue ne garantit pas

Cette liste n’est ni un classement ni un label de performance. Le document public ne compare pas les tarifs, la qualité du support, la sécurité des données, la réversibilité ou le retour sur investissement. Il ne dit pas davantage quelle solution est la plus adaptée à une entreprise donnée.

La présence d’un fournisseur dans le catalogue ne remplace donc pas la vérification de son hébergement, de ses sous-traitants, de ses conditions contractuelles et de sa conformité au RGPD et à l’AI Act. Elle ne garantit pas non plus que l’outil s’intégrera correctement au CRM, à l’ERP ou aux processus existants.

La méthode pour choisir sans se tromper

Avant de contacter un prestataire, une PME devrait partir d’un problème mesurable, et non d’une technologie. La bonne séquence tient en cinq étapes :

  • sélectionner une tâche coûteuse, répétitive ou source d’erreurs ;
  • chiffrer son coût actuel et fixer un indicateur de réussite ;
  • présélectionner trois fournisseurs couvrant ce cas d’usage ;
  • exiger un test sur un périmètre limité avec des données représentatives ;
  • mesurer les gains, les erreurs et le coût complet avant tout déploiement.

Cette logique prolonge une règle simple déjà détaillée dans notre guide sur l’utilisation de l’IA dans une petite entreprise : commencer par une friction métier, puis choisir l’outil — jamais l’inverse.

Les PME et ETI qui ont besoin de cadrer leur projet peuvent également mobiliser le Diag Data IA de Bpifrance. Le diagnostic est actuellement financé à 40 % sur un coût total annoncé de 10 000 euros hors taxes, sous réserve d’éligibilité.

Le catalogue s’inscrit dans le plan national « Osez l’IA », qui vise 80 % d’adoption dans les PME et ETI d’ici 2030. Atteindre ce chiffre ne dépendra toutefois pas du nombre de logiciels disponibles. Le vrai test sera la capacité des entreprises à transformer une démonstration séduisante en gain économique mesurable.