La SASU est généralement la forme la plus souple pour une holding créée par un associé unique, notamment si le dirigeant ne se rémunère pas ou prévoit d’accueillir des investisseurs. La SARL convient davantage à un projet réunissant au moins deux associés et recherchant un cadre juridique plus encadré. Si vous êtes seul et souhaitez une structure relevant du modèle SARL, la comparaison correcte oppose en réalité la SASU à l’EURL.

Le choix ne modifie pas, à lui seul, l’accès au régime mère-fille : une SASU, une SAS, une EURL ayant opté pour l’impôt sur les sociétés ou une SARL à l’IS peuvent toutes en bénéficier si les conditions fiscales sont réunies. La décision se joue surtout sur quatre critères : la gouvernance, la rémunération du dirigeant, le traitement social des dividendes personnels et la transmission future des titres.

Peut-on réellement choisir entre une holding SASU et une holding SARL ?

Pas dans toutes les situations. La SASU ne comporte qu’un associé. La SARL doit en compter au moins deux et au maximum cent. Pour un fondateur seul, les deux véritables options commerciales sont donc :

  • la SASU, version unipersonnelle de la SAS ;
  • l’EURL, version unipersonnelle de la SARL.

Lorsqu’un nouvel associé entre dans une SASU, celle-ci fonctionne alors comme une SAS pluripersonnelle sans véritable transformation de forme sociale. De la même manière, une EURL devient une SARL lorsqu’elle accueille plusieurs associés.

Dans cet article, l’expression « holding SARL » couvre donc le modèle SARL/EURL lorsque la différence dépend principalement du régime de la gérance.

Avant de choisir la forme, il reste indispensable de vérifier que le montage répond à un objectif économique réel. Le guide Entreprisma consacré à la création d’une holding détaille les étapes, les coûts et les principaux régimes fiscaux.

Holding SASU ou SARL : le comparatif complet

CritèreHolding SASU ou SASHolding EURL ou SARL
Nombre d’associés1 en SASU, au moins 2 en SAS1 en EURL, de 2 à 100 en SARL
Capital minimal1 € en pratique juridique1 € en pratique juridique
DirigeantPrésident, personne physique ou moraleGérant, obligatoirement personne physique
GouvernanceTrès largement définie par les statutsDavantage encadrée par le Code de commerce
Fiscalité habituelleISIS pour la SARL ; IR par défaut pour l’EURL détenue par une personne physique, avec option possible pour l’IS
Régime mère-fillePossible sous conditionsPossible sous conditions si la holding relève de l’IS
Régime social du dirigeantAssimilé salarié s’il est rémunéréTNS pour le gérant majoritaire ; assimilé salarié pour le gérant minoritaire, égalitaire ou non associé rémunéré
Cotisations sans rémunérationPas de cotisations liées au mandat non rémunéréCotisations minimales pour le gérant majoritaire ou l’associé-gérant d’EURL
Dividendes personnelsPas de cotisations sociales du dirigeant sur les dividendesFraction pouvant entrer dans l’assiette sociale du gérant majoritaire au-delà du seuil de 10 %
Entrée d’investisseursTrès flexiblePlus encadrée
Cession des titresActions ; droit d’enregistrement de 0,1 % en principeParts sociales ; droit de 3 % après abattement proratisé de 23 000 € en principe
Projet le plus adaptéCroissance, investisseurs, gouvernance sur mesureGroupe familial ou fermé, rémunération régulière du gérant

La comparaison officielle entre SAS et SARL confirme que les différences structurantes concernent la gouvernance, le régime social du dirigeant et la transmission des titres, davantage que l’impôt sur les bénéfices.

La SASU et la SARL bénéficient-elles de la même fiscalité de holding ?

Une société mère généralement soumise à l’IS

La SASU et la SAS sont soumises de plein droit à l’impôt sur les sociétés, sauf option temporaire pour l’impôt sur le revenu lorsque les conditions légales sont réunies.

La SARL est également soumise à l’IS par principe. En revanche, une EURL dont l’associé unique est une personne physique relève normalement de l’impôt sur le revenu. Pour utiliser une EURL comme holding destinée à recevoir des dividendes sous le régime mère-fille, une option pour l’IS est généralement nécessaire.

Le taux normal de l’IS est fixé à 25 %. Un taux réduit de 15 % peut s’appliquer à une première tranche de bénéfice lorsque les conditions relatives au chiffre d’affaires, à la libération du capital et à sa détention sont remplies.

Le régime mère-fille ne favorise pas la SASU

Une holding SASU n’obtient pas un meilleur régime mère-fille qu’une SARL. Sous réserve des conditions prévues par les articles 145 et 216 du Code général des impôts, les deux structures peuvent bénéficier d’une exonération de 95 % des dividendes reçus de leurs filiales.

Les conditions principales comprennent notamment :

  • l’assujettissement de la société mère à l’IS ;
  • la détention d’au moins 5 % du capital de la filiale ;
  • la conservation des titres pendant au moins deux ans ou l’engagement de respecter cette durée ;
  • le respect des conditions relatives aux titres et aux sociétés concernées.

Une quote-part de frais et charges de 5 % reste intégrée au résultat imposable. Pour 100 000 € de dividendes reçus et un taux d’IS de 25 %, l’impôt théorique sur cette quote-part atteint 1 250 € dans un cas simple.

Les conditions détaillées sont présentées dans la doctrine fiscale sur le régime mère-fille.

Conclusion fiscale : à régime d’imposition identique, le choix SASU ou SARL ne doit pas être tranché sur la seule remontée des dividendes. L’avantage mère-fille dépend de la détention et du régime fiscal, pas de la forme sociale.

Quel statut coûte le moins cher pour rémunérer le dirigeant ?

Le président de SASU est assimilé salarié

Le président rémunéré d’une SASU relève du régime général de la Sécurité sociale en qualité d’assimilé salarié. Sa protection se rapproche de celle d’un cadre salarié, à l’exception notamment de l’assurance chômage au titre du mandat social.

Ce régime entraîne généralement un coût social plus élevé qu’une rémunération comparable versée à un travailleur indépendant. En contrepartie, il procure une couverture sociale souvent plus étendue.

Si le président ne reçoit aucune rémunération, aucune cotisation sociale n’est due au titre de son mandat. Il n’acquiert alors aucun droit social grâce à cette fonction.

Cette configuration est fréquente lorsque le dirigeant est déjà rémunéré par une société opérationnelle du groupe, mais la cohérence de la répartition des fonctions doit être documentée.

Les règles sont précisées dans la fiche officielle consacrée aux cotisations sociales du président de SASU.

Le gérant majoritaire de SARL relève du régime des indépendants

Le gérant détenant plus de 50 % des parts d’une SARL relève de la sécurité sociale des indépendants. Pour apprécier cette majorité, il faut tenir compte des parts détenues par le gérant, son conjoint ou partenaire de Pacs, ses enfants mineurs et, en cas de cogérance, par l’ensemble du collège de gérance selon les règles applicables.

Le coût d’une rémunération peut être inférieur à celui supporté par une SASU, mais la couverture et les modalités de calcul diffèrent. Le gérant majoritaire doit également acquitter des cotisations minimales même en l’absence de rémunération.

Le gérant minoritaire, égalitaire ou non associé rémunéré est, pour sa part, assimilé salarié. Il ne bénéficie pas automatiquement de l’assurance chômage au titre de son mandat.

En pratique : si la holding ne verse aucune rémunération à son dirigeant, la SASU est souvent plus légère socialement. Si elle lui verse une rémunération régulière et significative, l’EURL ou la SARL majoritaire peut devenir économiquement intéressante, à condition de comparer le coût total et le niveau de protection obtenu.

Quelle différence pour les dividendes versés au dirigeant ?

Il faut distinguer deux flux :

  1. les dividendes versés par la filiale à la holding ;
  2. les dividendes versés ensuite par la holding à son associé personne physique.

Le premier flux peut bénéficier du régime mère-fille, quelle que soit la forme choisie. Le second constitue un revenu personnel et supporte l’imposition applicable aux dividendes.

En 2026, le prélèvement forfaitaire unique applicable aux dividendes perçus par une personne physique s’élève en principe à 31,4 %, sauf option globale pour le barème progressif.

Dividendes d’une holding SASU

Les dividendes de SASU ne sont pas intégrés à l’assiette des cotisations sociales du président. Ils restent soumis à leur fiscalité propre.

Un président payé uniquement en dividendes ne cotise toutefois pas au titre de son mandat et n’acquiert pas de protection sociale grâce à ces sommes.

Dividendes d’une holding EURL ou SARL

Pour un gérant majoritaire relevant du régime des indépendants, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé peut être intégrée à l’assiette des cotisations sociales.

Une holding SARL dotée d’un capital symbolique peut donc atteindre très rapidement ce seuil. Augmenter artificiellement le capital uniquement pour contourner le traitement social n’est pas une stratégie suffisante : il faut intégrer le financement, la gouvernance et l’usage réel de la trésorerie.

Si la holding a vocation à distribuer régulièrement de fortes sommes à son dirigeant, la SASU présente souvent un avantage de lisibilité. Cela ne signifie pas que le dividende devient moins imposé, ni qu’une stratégie intégralement fondée sur les dividendes est toujours optimale.

La décision doit être intégrée à la structuration du patrimoine du dirigeant de SAS.

Quelle structure choisir pour accueillir des investisseurs ?

La SASU, puis la SAS après l’entrée d’un nouvel associé, offre davantage de liberté pour organiser :

  • différentes catégories d’actions ;
  • des droits de vote distincts ;
  • des clauses d’agrément ou de préemption ;
  • des mécanismes de sortie conjointe ;
  • l’exclusion d’un associé dans les conditions autorisées ;
  • la répartition des pouvoirs entre président, directeur général et comités.

Cette liberté convient aux holdings de croissance, aux opérations de reprise et aux groupes appelés à accueillir plusieurs investisseurs. Elle rend toutefois la rédaction des statuts plus technique : un modèle générique peut créer des blocages ou donner des pouvoirs non souhaités.

La SARL applique un cadre légal plus normé. La cession de parts à un tiers est soumise à une procédure d’agrément, sauf aménagements autorisés. Cette rigidité relative peut être utile dans un groupe familial ou fermé, car elle limite les entrées non désirées au capital.

Pour une acquisition financée par dette, la forme juridique ne remplace jamais l’analyse du financement. Le guide Entreprisma consacré à la reprise d’une PME présente les principaux équilibres à vérifier avant un montage de reprise.

SASU ou SARL : quelle forme facilite la cession des titres ?

Les titres d’une SASU ou d’une SAS sont des actions. Leur cession est en principe soumise à un droit d’enregistrement de 0,1 % du prix, avec un minimum légal, hors cas particuliers comme les sociétés à prépondérance immobilière.

Les statuts peuvent organiser un agrément, une préemption ou une période d’inaliénabilité.

Les titres d’une EURL ou d’une SARL sont des parts sociales. La cession à un tiers obéit à un formalisme plus lourd et à une procédure d’agrément. Le droit d’enregistrement atteint en principe 3 % du prix après application d’un abattement de 23 000 €, proratisé selon la proportion de parts cédées.

Pour une holding destinée à ouvrir régulièrement son capital, accueillir des investisseurs ou organiser une cession future, la SASU ou la SAS possède donc un avantage opérationnel.

Les règles applicables sont détaillées par Service Public dans ses fiches sur la cession d’actions de SAS ou SASU et sur le fonctionnement de la SARL.

Le capital social et les coûts de création changent-ils le choix ?

Le capital peut être fixé à partir de 1 € dans les deux familles de sociétés. Un capital symbolique est néanmoins rarement cohérent avec une holding destinée à emprunter, supporter des frais de conseil ou acquérir des participations.

La différence concerne notamment la libération initiale des apports en numéraire :

  • au moins 50 % à la création d’une SASU ou d’une SAS ;
  • au moins 20 % à la création d’une EURL ou d’une SARL ;
  • le solde doit être versé dans les cinq années suivantes.

En France métropolitaine, les forfaits hors taxes d’annonce légale applicables en 2026 sont de 142 € pour une SASU, 199 € pour une SAS, 124 € pour une EURL et 148 € pour une SARL.

S’ajoutent notamment l’immatriculation, la déclaration des bénéficiaires effectifs et les éventuels honoraires de rédaction ou d’apport de titres.

L’écart initial reste secondaire face aux frais annuels de comptabilité, de banque, de juridique et de gestion. Choisir une forme inadaptée pour économiser quelques dizaines d’euros lors de la constitution est un mauvais arbitrage.

Holding SASU ou SARL : quelle forme choisir selon votre situation ?

Votre situationChoix généralement le plus cohérentPourquoi
Vous êtes seul et la holding ne vous rémunère pasSASUAbsence de cotisations sur un mandat non rémunéré et gouvernance simple
Vous êtes seul et souhaitez une rémunération régulière sous régime TNSEURL à l’ISCoût social potentiellement inférieur, à comparer avec la protection obtenue
Vous préparez l’entrée d’investisseursSASU puis SASStatuts et catégories d’actions plus flexibles
Vous créez une holding familiale à plusieursSARL ou SAS selon la gouvernanceSARL pour le cadre fermé ; SAS pour les droits sur mesure
Vous prévoyez de distribuer des dividendes personnels importantsSASU ou SAS souvent privilégiéeAbsence de cotisations sociales du dirigeant sur les dividendes
Vous comptez céder ou réorganiser régulièrement les participationsSASU ou SASTransmission des actions généralement plus fluide
Vous voulez un cadre juridique fortement baliséEURL ou SARLRègles légales plus nombreuses et moins de paramètres statutaires à inventer
Vous réalisez un LBO avec plusieurs investisseursSASGouvernance et droits financiers personnalisables

Cette grille constitue un point de départ, pas une décision automatique. La forme de la holding doit être testée sur trois scénarios : absence de rémunération, rémunération régulière et distribution personnelle de dividendes.

Les erreurs à éviter avant de choisir

Choisir la SASU uniquement pour éviter les cotisations

L’absence de cotisations sur les dividendes ne signifie pas absence d’impôt ni acquisition d’une protection sociale. Une stratégie de rémunération doit être calculée globalement.

Créer une SARL seul

Une SARL exige au moins deux associés. Seul, le fondateur doit constituer une EURL ou choisir une SASU.

Laisser une EURL holding à l’IR sans étudier les conséquences

Le régime mère-fille suppose une société mère soumise à l’IS. Une EURL détenue par une personne physique doit généralement opter pour l’IS pour utiliser ce mécanisme.

Utiliser des statuts de SASU génériques

La liberté statutaire n’a de valeur que si elle est correctement exploitée. Les modalités d’entrée d’investisseurs, de vote, de contrôle et de sortie doivent anticiper l’évolution du groupe.

Comparer uniquement les charges sociales

Le coût de la rémunération n’est qu’un paramètre. Il faut aussi comparer la couverture sociale, les dividendes, la transmission, les frais juridiques et la stratégie patrimoniale.

Verdict : SASU ou SARL pour votre holding ?

La SASU est le choix le plus polyvalent pour une holding unipersonnelle appelée à réinvestir, ouvrir son capital ou distribuer ultérieurement des dividendes à son associé. Elle offre une gouvernance flexible et n’entraîne pas de cotisations sociales lorsque son président n’est pas rémunéré. L’EURL ou la SARL devient pertinente lorsque le dirigeant souhaite une rémunération régulière sous le régime des indépendants ou lorsque plusieurs associés veulent conserver un cadre familial et juridiquement balisé. Elle doit cependant être étudiée avec attention si des dividendes personnels importants sont envisagés.

La vraie question n’est donc pas de savoir quel statut est universellement le moins cher. Il faut déterminer quelle structure reste cohérente lorsque la holding commence à rémunérer son dirigeant, accueille un nouvel associé, cède une participation ou transmet son capital.

Pour replacer ce choix dans l’ensemble du montage, consultez le guide complet pour créer une holding et l’analyse Entreprisma sur la fiscalité des entreprises en France.

Avertissement : ce contenu présente une information générale vérifiée au 7 août 2026. Le choix d’une holding, l’apport de titres et l’organisation de la rémunération nécessitent une analyse personnalisée par un avocat, un expert-comptable ou un notaire selon l’opération.