Inflation à 2,4 % : la France se rapproche-t-elle de la stagflation ?
L’inflation accélère de nouveau en France au moment même où l’activité des entreprises se contracte. Entre hausse des prix de l’énergie, recul du PMI et pression sur les marges, l’économie française envoie un signal de plus en plus stagflat
L’économie française envoie un signal inhabituellement préoccupant : les prix accélèrent alors que l’activité des entreprises recule.
En mai 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an, contre 2,2 % en avril. L’inflation harmonisée, utilisée pour comparer les pays européens, atteint désormais 2,8 %, son niveau le plus élevé depuis février 2024.
L’énergie alimente le retour de l’inflation
La hausse est principalement portée par l’énergie, dont les prix progressent de 16,6 % sur un an.
Les évolutions les plus significatives sont les suivantes :
| Indicateur | Évolution en mai 2026 |
|---|---|
| Inflation générale | +2,4 % |
| Inflation harmonisée | +2,8 % |
| Énergie | +16,6 % |
| Produits pétroliers | +31,1 % |
| Gazole | +38 % |
| Gaz | +11,3 % |
| Services | +2,1 % |
| Inflation sous-jacente | +1,5 % |
L’inflation sous-jacente, qui exclut notamment les produits les plus volatils, remonte de 1,2 % à 1,5 %. Cela montre que les tensions tarifaires commencent à dépasser le seul secteur énergétique.
L’activité privée se contracte fortement
Dans le même temps, l’activité du secteur privé français continue de ralentir.
L’indice PMI composite définitif est tombé à 44,9 en mai, contre 47,6 en avril. Un niveau inférieur à 50 signale une contraction de l’activité.
Les services sont particulièrement affectés, avec un PMI de 44,3, au plus bas depuis la fin de l’année 2020.
Les entreprises interrogées évoquent notamment :
- la hausse des coûts énergétiques ;
- l’affaiblissement de la demande ;
- le report des décisions des clients ;
- la réduction des commandes ;
- une pression croissante sur l’emploi et les marges.
Un signal stagflationniste pour la France
La France n’est pas encore officiellement entrée dans une période de stagflation. Ce terme désigne une situation durable associant inflation élevée, croissance faible et dégradation du marché du travail.
Mais la combinaison actuelle s’en rapproche : les entreprises vendent moins, supportent des coûts plus élevés et disposent de moins de marge pour augmenter leurs tarifs.
Le risque est celui d’un cercle économique négatif :
Hausse des coûts, compression des marges, réduction des investissements, ralentissement des recrutements et nouvelle baisse de la demande.
Les PME face à un arbitrage difficile
Les entreprises les plus exposées sont celles dont l’activité dépend fortement de l’énergie, du transport ou des achats de matières premières.
Les dirigeants devront arbitrer entre trois options :
- Augmenter leurs prix, au risque de perdre des clients ;
- Absorber les coûts, au détriment de leur rentabilité ;
- Réduire les dépenses, les recrutements ou les investissements.
Le véritable signal du mois de mai n’est donc pas seulement le retour de l’inflation. C’est l’apparition simultanée d’une inflation plus diffuse et d’une contraction plus marquée de l’activité privée.
Cette collision pourrait devenir l’un des principaux risques économiques du second semestre 2026.
Sources
- [1]
INSEEOfficielle
- [2]
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Autres signaux
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