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    Définition

    Lanceur d'alerte

    Lanceur d'alerte : personne qui signale, dans l'intérêt général, un crime, un délit, une menace ou un préjudice grave dont elle a eu personnellement connaissance dans son cadre professionnel.

    Lanceur d''alerte : la définition légale en France

    Depuis la loi Sapin II (9 décembre 2016), renforcée par la loi Waserman du 21 mars 2022 (transposition de la directive européenne 2019/1937), le lanceur d''alerte bénéficie d''un statut juridique précis. L''article 6 de la loi Sapin II le définit comme : « une personne physique qui signale ou divulgue, sans contrepartie financière directe et de bonne foi, des informations portant sur un crime, un délit, une menace ou un préjudice pour l''intérêt général, ou sur une violation du droit français ou européen ».

    Trois conditions cumulatives doivent être réunies :

    1. Bonne foi du signalant.
    2. Connaissance personnelle des faits (ou tirée d''un contexte professionnel pour les non-salariés).
    3. Caractère grave ou contraire à l''intérêt général.

    Qui peut être lanceur d''alerte ?

    La loi Waserman a élargi le champ : ce n''est plus seulement le salarié, c''est désormais aussi :

    • les anciens salariés, stagiaires, alternants ;
    • les candidats à un emploi (révélations en pré-embauche) ;
    • les collaborateurs occasionnels (consultants, freelances, sous-traitants) ;
    • les actionnaires, associés et membres du conseil d''administration ;
    • les facilitateurs (avocats, syndicalistes, journalistes qui aident le signalant).

    La procédure légale de signalement

    La loi Waserman a supprimé l''obligation de saisir d''abord en interne. Le lanceur d''alerte peut désormais choisir librement entre trois canaux :

    Canal Destinataire Usage
    Signalement interne Référent éthique de l''entreprise Recommandé en premier si la confiance est intacte
    Signalement externe Autorités compétentes (AMF, ACPR, Défenseur des droits, procureur) Si l''interne n''aboutit pas ou présente un risque
    Divulgation publique Presse, réseaux sociaux Uniquement après échec des deux premières voies, ou en cas de danger imminent

    Les protections accordées

    Le lanceur d''alerte protégé bénéficie :

    • de l''irresponsabilité civile et pénale pour les divulgations couvertes ;
    • d''une interdiction de représailles (licenciement, sanction, mutation, refus de promotion, harcèlement) ;
    • d''un renversement de la charge de la preuve devant les prud''hommes : c''est à l''employeur de prouver que la mesure prise n''est pas liée à l''alerte ;
    • d''une aide financière par le Défenseur des droits (jusqu''à 8 000 € en 2025) en cas de procédure ;
    • de la protection de l''identité (anonymisation jusqu''à révélation judiciaire).

    Obligations des entreprises

    Toute entreprise de 50 salariés ou plus doit, depuis 2022, mettre en place :

    1. Une procédure de recueil et traitement des signalements formalisée.
    2. Un canal sécurisé garantissant l''anonymat (plateforme dédiée, boîte e-mail chiffrée).
    3. Une désignation explicite d''un référent éthique (ou prestataire externe).
    4. Un accusé de réception sous 7 jours, une réponse motivée sous 3 mois.
    5. Une information écrite des salariés sur le dispositif.

    Le non-respect expose à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour les dirigeants (CNIL, AFA).

    Exemples emblématiques en France

    • Antoine Deltour (LuxLeaks, 2014) : ancien auditeur PwC ayant révélé les rescrits fiscaux luxembourgeois. Acquitté définitivement en 2018.
    • Stéphanie Gibaud (UBS, 2008-2018) : ex-marketeuse ayant révélé l''évasion fiscale organisée par UBS France.
    • Hervé Falciani (HSBC SwissLeaks, 2008) : informaticien à l''origine de la révélation de plus de 100 000 comptes bancaires offshore.
    • Irène Frachon (Mediator, 2010) : pneumologue ayant révélé la dangerosité du Mediator de Servier.

    Lanceur d''alerte vs délateur : la différence

    Le lanceur d''alerte révèle un fait dans l''intérêt général, sans contrepartie et de bonne foi. Le délateur dénonce une personne pour son intérêt personnel (vengeance, gain). Le droit français protège le premier et sanctionne pénalement la dénonciation calomnieuse (article 226-10 du Code pénal, jusqu''à 5 ans de prison et 45 000 € d''amende).

    La directive européenne et son impact

    La directive (UE) 2019/1937 a harmonisé la protection des lanceurs d''alerte dans toute l''Union. Elle impose à tous les États membres :

    • une protection des signalants dès 50 salariés ;
    • des canaux sécurisés et confidentiels ;
    • une protection contre toute forme de représailles ;
    • des sanctions effectives en cas d''entrave ou de représailles.

    La France est l''un des pays les plus protecteurs depuis la loi Waserman, qui va au-delà du minimum européen.

    Questions fréquentes sur Lanceur d'alerte

    Qu'est-ce que Lanceur d'alerte ?

    Lanceur d'alerte : personne qui signale, dans l'intérêt général, un crime, un délit, une menace ou un préjudice grave dont elle a eu personnellement connaissance dans son cadre professionnel.

    Quels sont les termes liés à Lanceur d'alerte ?

    Les principales notions associées à Lanceur d'alerte sont : Loi Sapin II, Loi Waserman, Whistleblower, Compliance, Code de conduite, RGPD, Défenseur des droits, Signalement éthique.

    Termes liés

    Mis à jour le 13 mai 2026

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