Cumul ARE et création d'entreprise : conditions, calcul et règles 2026
Il est possible de créer ou reprendre une entreprise tout en conservant une partie de son allocation d'aide au retour à l'emploi. Chaque mois, France Travail déduit en principe 70 % des revenus professionnels retenus de l'ARE théorique. Pour les droits soumis aux règles applicables depuis le 1er avril 2025, le cumul est généralement limité à 60 % des droits restants au démarrage de l'activité. Les 40 % restants peuvent être sollicités au cas par cas.
Mis à jour le 12 juin 2026 · Sources : France Travail, Unédic, Urssaf, Service Public.
Ce qu'il faut retenir en 2026
- →Le cumul ARE et création d'entreprise est possible, mais il n'est pas automatiquement intégral.
- →France Travail déduit 70 % des revenus professionnels retenus de l'ARE mensuelle théorique.
- →Pour les droits soumis aux règles depuis le 1er avril 2025, le cumul total est plafonné à 60 % du reliquat existant au démarrage de l'activité.
- →Les 40 % restants ne sont pas automatiquement perdus : la poursuite peut être sollicitée auprès de l'instance paritaire régionale.
- →L'ARE et l'ARCE sont alternatives. L'ACRE est une exonération distincte qui peut se combiner avec l'une ou l'autre.
- →L'activité doit être déclarée chaque mois lors de l'actualisation, même à chiffre d'affaires ou rémunération nuls.
Quelles sont les conditions du maintien de l'ARE ?
Pour percevoir une partie de l'ARE pendant la création ou la reprise d'une entreprise, le demandeur d'emploi doit cumulativement :
- disposer de droits ARE ouverts et d'un reliquat mobilisable ;
- rester inscrit comme demandeur d'emploi à France Travail ;
- déclarer la création ou la reprise d'activité, même sans chiffre d'affaires ;
- effectuer son actualisation chaque mois entre le 28 et le 15 du mois suivant ;
- transmettre les justificatifs de revenus selon son statut ;
- ne pas avoir opté pour l'ARCE, qui exclut le maintien mensuel.
Le maintien est ouvert à toutes les formes juridiques : micro-entreprise, entreprise individuelle, EURL, SARL, SASU, SAS, profession libérale, activité artisanale ou commerciale, reprise d'entreprise existante. La forme juridique ne détermine pas à elle seule le montant conservé.
Le plafond de 60 % : la réforme à connaître
Pour les droits soumis aux règles entrées en vigueur le 1er avril 2025, le montant total d'ARE pouvant être versé pendant l'activité indépendante est en principe limité à 60 % du reliquat de droits restant à la date de démarrage effectif de l'activité.
→ Plafond de cumul : 20 000 × 60 % = 12 000 €
→ Reliquat de 40 % : 20 000 × 40 % = 8 000 €
Les 40 % restants ne sont pas automatiquement perdus. Lorsque le plafond est atteint, l'entrepreneur peut solliciter la poursuite du versement auprès de l'instance paritaire régionale, notamment s'il démontre la poursuite effective de l'activité sans revenus procurés. L'examen est individualisé.
La limite concerne principalement les droits ouverts à la suite d'une fin de contrat à compter du 1er avril 2025. La notification de droits France Travail reste le document de référence pour savoir quelles règles s'appliquent à votre dossier.
Comment est calculé le montant de l'ARE ?
ARE mensuelle théorique
− 70 % des revenus professionnels retenus
Le cumul entre les revenus de l'entreprise et l'ARE ne peut pas dépasser le salaire mensuel brut moyen retenu lors de l'ouverture des droits. Le résultat peut être ajusté selon le nombre de jours indemnisables, les justificatifs transmis, les paiements provisoires et les régularisations.
Les exemples ci-dessous sont donnés à titre pédagogique. Seule France Travail peut déterminer le montant définitif.
Calcul pour une micro-entreprise
France Travail part du chiffre d'affaires, applique l'abattement professionnel correspondant à l'activité, puis déduit 70 % du revenu estimé du montant théorique de l'ARE.
| Type d'activité | Abattement | Revenu retenu |
|---|---|---|
| Achat-revente, fourniture de logement | 71 % | 29 % du CA |
| Prestations de services commerciales ou artisanales | 50 % | 50 % du CA |
| Activités libérales (BNC) | 34 % | 66 % du CA |
Prestation de services
CA 2 000 € · ARE 1 500 €
Revenu retenu : 1 000 €
Déduction : 700 €
ARE estimée : 800 €
Activité libérale BNC
CA 2 000 € · ARE 1 500 €
Revenu retenu : 1 320 €
Déduction : 924 €
ARE estimée : 576 €
Achat-revente
CA 3 000 € · ARE 1 500 €
Revenu retenu : 870 €
Déduction : 609 €
ARE estimée : 891 €
Calcul pour un président de SASU ou de SAS
Le président de SASU ou de SAS relève du régime des assimilés salariés. France Travail demande de déclarer la rémunération perçue (ou son absence) et de transmettre un justificatif mensuel.
Président non rémunéré
Rémunération retenue : 0 € → déduction nulle → ARE mensuelle complète, sous réserve des justificatifs, du plafond mensuel et du plafond global de 60 % lorsqu'il s'applique.
Président rémunéré 1 000 €
Déduction : 1 000 × 70 % = 700 €
ARE estimée : 1 500 − 700 = 800 €.
Justificatifs en l'absence de salaire
- décision de l'associé unique ou procès-verbal fixant l'absence de rémunération ;
- attestation de non-rémunération ;
- extrait Kbis ou justificatif RNE, statuts si demandés ;
- éventuel bulletin de rémunération à zéro selon la demande du conseiller ;
- document comptable complémentaire en cas de contrôle.
Calcul pour une EURL ou une SARL
Le gérant majoritaire de SARL ou l'associé unique gérant d'EURL relève du régime des travailleurs non salariés. Le revenu retenu correspond aux revenus professionnels soumis à cotisations sociales. Lorsque ce revenu n'est pas immédiatement connu, France Travail peut effectuer un paiement provisoire puis régulariser après réception des justificatifs.
Le gérant minoritaire, égalitaire ou non associé peut relever du régime des assimilés salariés. Sa rémunération est alors individualisée et justifiée chaque mois.
Attention aux dividendes : pour les travailleurs non salariés, les dividendes soumis aux cotisations sociales peuvent être intégrés à la rémunération utilisée pour le calcul des allocations. Faites valider votre situation par France Travail et votre expert-comptable avant toute distribution.
Qu'est-ce qu'une activité conservée ?
Une activité conservée est une activité non salariée qui existait déjà avant la perte de l'emploi ayant ouvert les droits au chômage, et qui avait déjà produit une rémunération ou un chiffre d'affaires. Sous conditions, ses revenus peuvent être cumulés intégralement avec l'ARE.
Créer administrativement une entreprise quelques jours avant la rupture du contrat, sans activité ni revenus réels, ne suffit pas à obtenir cette qualification : France Travail examine l'activité réelle, pas seulement la date d'immatriculation.
Que faut-il déclarer chaque mois à France Travail ?
L'actualisation reste obligatoire, même sans chiffre d'affaires, même sans rémunération, même si l'entreprise n'a pas démarré commercialement. Le déclarant doit indiquer :
- le nombre d'heures consacré à l'activité ;
- le revenu soumis aux cotisations sociales (ou zéro) ;
- sa volonté de rester inscrit comme demandeur d'emploi.
Lorsque les revenus ne sont connus que trimestriellement ou annuellement (TNS notamment), France Travail peut verser une avance — environ 70 à 80 % de l'allocation estimée — puis régulariser à réception des justificatifs.
ARE, ARCE et ACRE : ne plus les confondre
| Dispositif | Nature | Versement | Condition centrale |
|---|---|---|---|
| ARE | Allocation chômage | Mensuelle | Rester inscrit et déclarer l'activité |
| ARCE | Capital issu des droits ARE (60 %) | Deux versements | Avoir l'ARE et bénéficier de l'ACRE |
| ACRE | Exonération de cotisations | Réduction de charges | Respecter les critères d'éligibilité |
Privilégier l'ARE si…
- le projet nécessite peu d'investissement ;
- le chiffre d'affaires mettra du temps à arriver ;
- vous avez besoin d'un revenu mensuel régulier ;
- le modèle économique reste à tester.
Privilégier l'ARCE si…
- un capital de départ est nécessaire ;
- matériel ou stock doivent être achetés rapidement ;
- les revenus devraient augmenter rapidement ;
- vous disposez d'une autre sécurité financière personnelle.
Simulateur de cumul ARE
Calcul effectué localement dans votre navigateur. Aucune donnée transmise ni stockée. Estimation non contractuelle.
Estimation pédagogique. Seule France Travail peut déterminer le montant définitif de vos allocations en fonction de votre dossier, de vos justificatifs et de la réglementation applicable à vos droits.
Checklist avant et après la création
Vos cases cochées sont sauvegardées localement dans ce navigateur.
Avant l'immatriculation
Après l'immatriculation
Les étapes administratives, dans l'ordre
- 01Faire le point avec un conseiller France Travail pour comparer maintien ARE et ARCE selon vos prévisions de revenus.
- 02Créer l'entreprise via le Guichet unique INPI et conserver la synthèse définitive de formalité.
- 03Demander l'ACRE auprès de l'Urssaf dans le délai applicable pour bénéficier de l'exonération de cotisations.
- 04Choisir le dispositif : maintien mensuel de l'ARE ou ARCE en capital. Le choix se formalise auprès de France Travail.
- 05Déclarer la création à France Travail et transmettre la synthèse INPI ainsi que le numéro Siren.
- 06Actualiser chaque mois entre le 28 et le 15 du mois suivant, en indiquant les heures travaillées et les revenus connus.
- 07Transmettre les justificatifs Urssaf, bulletins ou attestations de non-rémunération selon le statut.
- 08Anticiper la régularisation annuelle : conserver toutes les déclarations Urssaf et l'avis fiscal pour éviter un trop-perçu.
Comment éviter un trop-perçu
- Informer France Travail dès la création.
- Conserver la synthèse définitive INPI.
- Actualiser chaque mois sans exception.
- Déclarer les revenus selon le régime applicable (TNS, assimilé salarié, micro).
- Ne pas confondre facturation et encaissement.
- Envoyer les justificatifs sans attendre la régularisation.
- Conserver chaque déclaration Urssaf et tout avis fiscal.
- Garder une trace écrite des décisions de rémunération.
- Mettre de côté une réserve financière pour une régularisation tardive.
- Signaler immédiatement toute erreur, via le 3949 ou un conseiller.
Questions fréquentes
Pour aller plus loin
Sources officielles
- France Travail — Créer ou reprendre une entreprise
- France Travail — Aide à la reprise et à la création d'entreprise (ARCE)
- France Travail — Cumuler l'ARE avec les revenus d'une activité indépendante
- Unédic — Convention d'assurance chômage et règles applicables
- URSSAF — Aide à la création ou reprise d'entreprise (ACRE)
- Service-Public — Cumul allocation chômage et activité réduite
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