Grève chez SFR le 3 novembre : que demandent les salariés ?
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège d’Altice France, rapporte l’AFP dans sa dépêche sur la mobilisation des salariés de SFR.
Le chiffre de 6 500 correspond au nombre de grévistes revendiqué par l’Unsa dans le groupe, et non au nombre de personnes présentes devant le bâtiment.
L’intersyndicale Unsa, CFDT et CFTC réclame notamment trois propositions de reclassement par salarié, de meilleures indemnités de départ et des négociations sur les filiales techniques. D’après des représentants du personnel interrogés par l’AFP, une première proposition écrite reçue le samedi précédent reste insuffisante.
Le mouvement prolonge la mobilisation des salariés de SFR du 24 septembre, déjà consacrée aux conséquences sociales du projet.
Qui veut racheter SFR et que prévoit le partage ?
Le protocole signé le 6 juin 2026 entre Altice France et les trois acquéreurs envisage une opération de 20,35 milliards d’euros en valeur d’entreprise, sous réserve d’ajustements.
Le communiqué du consortium Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange présente une répartition des activités, et non le transfert de tout SFR à un seul opérateur.
| Acquéreur | Principales activités envisagées |
|---|---|
| Bouygues Telecom | SFR Business, une partie du grand public et certaines infrastructures |
| Free-Groupe iliad | RED by SFR, une partie du grand public et les clients « petits pros » concernés |
| Orange | Une partie du grand public et les opérateurs virtuels Réglo, Syma et Coriolis |
Certains actifs resteraient temporairement gérés dans SFR SA, détenue à parts égales par les trois groupes, pendant au moins 30 mois.
Cette répartition reste celle d’un projet soumis aux autorisations nécessaires.Pourquoi les filiales techniques d’Altice s’inquiètent-elles ?
Altice Technical Services, ou ATS, est exclue du périmètre de vente. L’AFP rapporte que les représentants des salariés demandent à Altice France d’ouvrir des négociations sur le devenir de ces équipes.
La distinction est importante : être salarié d’une activité reprise et travailler dans une filiale laissée en dehors de l’opération ne soulève pas les mêmes questions.
Pour les premiers, les discussions portent notamment sur les conditions du transfert et l’emploi proposé. Pour les seconds, il faut aussi clarifier le projet industriel et commercial de la structure qui resterait à l’écart.
Une activité technique a besoin de visibilité sur ses commandes, ses clients et ses moyens. Dans une réorganisation, la question du périmètre juridique rejoint donc celle de la continuité du travail.
L’exclusion d’une filiale ne constitue toutefois pas, à elle seule, l’annonce d’un licenciement de chacun de ses salariés.Que couvre la garantie d’emploi annoncée jusqu’à début 2029 ?
Les repreneurs annoncent un engagement jusqu’à début 2029 pour les salariés du périmètre repris, par la poursuite de leur emploi ou une proposition d’emploi.
Cette formulation ne promet pas à chacun de conserver exactement son poste, son lieu de travail ou son organisation actuelle.
L’écart entre une garantie générale et une solution individuelle explique l’importance des négociations. Un emploi proposé peut devoir être examiné au regard du métier, de la localisation, de la rémunération et du parcours professionnel du salarié.
L’enjeu social ne se résume donc pas à une date. Il porte aussi sur les conditions concrètes dans lesquelles une personne pourrait poursuivre son activité.
Cette garantie doit également être lue avec son périmètre : elle ne permet pas d’étendre automatiquement les engagements des acquéreurs à toutes les filiales d’Altice France.
Quand le rachat de SFR pourrait-il devenir effectif ?
Dans sa FAQ officielle sur le rachat de SFR, actualisée le 19 octobre, l’Arcep évoque une réalisation au plus tôt fin 2027, si l’opération est autorisée.
L’Autorité de la concurrence doit examiner les projets et solliciter l’avis de l’Arcep. Une phase de migration suivrait une éventuelle réalisation.
Il faut ainsi distinguer la signature du protocole, les décisions réglementaires, puis la mise en œuvre opérationnelle. La mobilisation sociale du 3 novembre intervient avant l’aboutissement de ce parcours.
Quels enjeux pour les entreprises clientes de SFR ?
L’Arcep indique qu’à ce stade le projet ne nécessite pas de démarche particulière des abonnés et que les obligations de qualité de service restent applicables.
Pour une TPE ou une PME, le sujet mérite néanmoins d’être suivi comme une évolution possible de sa relation fournisseur. Connexion principale, téléphonie, accès de secours et assistance peuvent être essentiels au fonctionnement quotidien.
À titre de préparation, une entreprise peut tenir à jour trois informations :
- les services souscrits et leurs échéances contractuelles ;
- les contacts et engagements d’assistance ;
- les solutions de continuité prévues en cas d’incident.
Cet inventaire relève du pilotage habituel des télécommunications. Il ne préjuge ni d’un transfert précis ni d’une dégradation du service.
La question dépasse ainsi le montant d’une acquisition. Comme pour les autres rachats et réorganisations d’entreprises suivis par Entreprisma, sa réussite dépendra aussi de l’exécution : préserver les compétences, maintenir le service et donner de la visibilité aux équipes.
